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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 245

corps royalistes, et retiennent prisonnier le commandant de la province.

A Marseille , où 1 on avait fait entrer trois régiments et deux cents dragons,les sous-officiers fraternisèrent avec les gardes nationales qui s’organisaientsur tous les points du royaume, et s’emparèrent des forts.

A Nantes , la municipalité refusa de reconnaître un envoyé du ministère dela guerre cliargé d’établir un camp volant destiné, disait-on, à maintenir lespaysans bretons dans l’ordre.

A Montpellier , la forteresse fut enlevée par de jeunes volontaires, et lessoldats du régiment de Bresse leur en livrèrent les portes aux cris de vive lanation! A Valence , le commandant du fort menace la ville, il est massacré.

De tous côtés enfin le peuple s’insurge contre la force armée, et l’assembléedemande au roi le renvoi de tous les commandants soupçonnés d’étre con-traires à la révolution. Le roi fut contraint d’obéir à la volonté nationale. L’é-preuve était décisive. La France entière protestait contre son gouvernement.

Quand les conseillers du roi le virent entrer dans cette voie de réformeet se laisser entraîner dans le sens des idées nouvelles, ils disparurent presquetous et allèrent chercher un asile à l'étranger. Le comte d’Artois, le secondfrère de Louis XVI , un des plus ardents prosélytes des mesures violentes; lesprinces de Condé et de Conti, chefs du parti aristocratique, chauds partisansdes ordres privilégiés, donnèrent l’exemple de l’émigration, bientôt les chefsde corps les imitèrent, et, en moins de quelques mois, l’armée se trouva pres-que entièrement privée de ses officiers(l). Ils étaient allésde l’autre côté du Rhin faire un appel aux gentilshommes de l’Europe pour réprimer la révolte descommunaux, croyant, comme au temps de Henri IV , qu’il suffirait des lans-quenets et des reîtres de l’Allemagne, et de quelques soudoyers anglais , pourreconquérir leurs droits seigneuriaux. Cette fuite de la noblesse qui abandon-nait son roi’quand elle eût dû lui faire un rempart de son dévouement, cettedéfection des chefs de corps qui abandonnaient ainsi leurs drapeaux, ont laisséune tache indélébile sur les blasons de toutes les grandes familles qui y pri-rent part. L’émigration n’était pas seulement une folie, comme l’ont écritquelques historiens, c’était un crime envers le roi et envers la nation ; car sices mômes hommes étaient restés en France , peut-être la révolution se fût-elle accomplie sans excès. Et pourtant, hâtons-nous de le dire, ce n’étaientpas des cœurs sans courage, des esprits sans élévation, que tous ces émigrés;c’était l’élite de la nation, c’était la partie la plus brillante de la société fran-çaise (2).

(1) Le IG octobre 179), le ministre de la guerre dénonce à l’assemblée que plus de 1,900officiers ont abandonné leurs drapeaux.

(2) Composition, organisation et histoire des corps d'émigrés. — Les princes, ayantémigré, lixèrent leur séjour à Coblentz, auprès de l’électeur de Trêves , leur oncle. Un nombreconsidérable de gentilshommes se réunit autour d’eux; la presque totalité des officiers del’armée que les soldats séditieux avaient chassés de leurs rangs les suivirent. Le prince deCondé et le maréchal de Broglie furent chargés d’organiser l’armée royaliste, qui se com-posa, indépendamment des émigrés, des corps ou fractions de corps qui suivirent leurschefs, l’ne paitie du régiment de Benviek-Irlandais déserta de Landau avec armes et