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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 277

teuse, se rendit auprès-du roi et l’engagea à faire cesser le combat. Il fit retirerses colonnes d’attaque et finit par ordonner la rentrée au camp.

Telle fut la célèbre journée du 20 septembre. Celte affaire, insignifiante enelle-même, dit Jomini , puisque la perte des deux côtés ne s’élevait pas à 800hommes, amena néanmoins dans l’état moral des deux armées un change-ment notable : elle releva la confiance des Français en même temps qu’elledétruisait celle de leurs adversaires. Dans la situation où les Français se trou-vaient, n’être point battu , c'était remporter une grande victoire. Les générauxprussiens sentirent la faute irréparable qu’ils avaient commise en négligeantd’attaquer au moment où les troupes désorganisées ou découragées n’auraientopposé qu’une faible résistance : la retraite des Prussiens fut présentée àl’armée comme une défaite. Dumouriez en profita pour exciter le courage dessoldats, et dès lors toutes les chances tournèrent en sa faveur.

La conduite du général prussien a été diversement expliquée, et elle estétrange en effet. L’on se demande avec étonnement pourquoi ce général,homme instruit et capable, à la tête d’une armée de 76.000 hommes d’excel-lentes troupes, procède avec une lenteur si méthodique et avec tant d’incurie?Comment expliquer le siège de Luxembourg , entrepris sans grosse artillerie?Il n’est pas un officier d’armée qui n’eût pensé à s’emparer des défilés de l’Ar-gonne. Et M. de Brunswick n’y songea que lorsque ces défilés furent occupés.On se demande encore, avec plus d’étonnement, pourquoi ce même généraln’enleva pas le camp de Grandpré, où se trouvaient 20,000 hommes désorgani-sés? comment il laissa à loisir Kellermann et Benrnonville opérer leur jonctionavec Dumouriez. Et puis pourquoi cette hésitation à Valmy? Napoléon a hau-tement censuré laconduitejdu général prussien, au point de vue militaire; maispeut-être ne fallait-il en chercher la cause que dans les secrets de la diplomatie.S’il faut en croire quelques historiens, le roi de Prusse, poussé à cette guerred’invasion presque malgré lui et contre ses intérêts, aurait entretenu desrelations diplomatiques avec le gouvernement nouveau depuis le premierjour où il aurait mis le pied en France , et n’aurait consenti à avancer dans lecœur du royaume, que pour garder les convenances envers ses alliés et sesauxiliaires.

Ce qui est certain, c’est qu’après Valmy les négociations, s’il y en eut, de se-crètes qu’elles étaient, devinrent publiques, et que l’armée prussienne, aprèsavoir occupé pendant quelque temps encore le camp de la Lune , se retira len-tement par journée d’étapes et sans être poursuivie, car Dumouriez avait quittéson armée pour venir à Paris , et Kellermann agit, ou avait ordre d’agirmollement. On a aussi attribué cette retraite aux fièvres et aux dyssenteriesqui auraient décimé rapidement l’armée prussienne et à la mauvaise saison.Ces faits avancés au hasard et comme la seule explication plausible de cetteretraite, sont aujourd’hui reconnus inexacts. Le registre des hôpitaux de Ber-lin constate que sur un effectif de 56,000 hommes, il y eut une moyenne de1,000 à 1,400 malades, ce qui est l’état normal d’une armée en campagnedans les pays les plus sains, et des relevés météorologiques incontestables,