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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 281

c’est-à-dire plus de cent quarante-trois heures : plus de 30,000 boulets rou-gis et de 6,000 bombes furent jetés dans la ville. Cette pluie de fer et de feuavait dévoré deux cents maisons et laissé sur tous les points d'effrayantestraces de son passage. Le 3 octobre, le feu, qui s’était ralenti pendant la jour-née, redoubla vers le soir d’intensité. Le bruit se répandit dans Lille que l’ar-chiduchesse Christine venait d’arriver dans le camp des Autrichiens et avaitvoulu assister elle-même à cet horrible spectacle. Cependant le bombardementde Lille touchait à sa lin; les ennemis avaient épuisé toutes leurs munitions,et des troupes de volontaires accouraient de tous côtés au secours de la ville.Ainsi Béthune, Saint-Omer et Dunkerque lui envoyaient des pompes, des vivreset des munitions en abondance; un renfort de dix bataillons, sous les ordresdu général Lamarlière, était entré dans ses murs, et la Convention avaitvoté un secours de deux millions pour la ville. Le 5, le feu des Autrichiensse ralentit; les artilleurs ennemis, ayant épuisé leurs projectiles, chargèrentleurs pièces avec des barres de fer, des chaînes et des pierres. Mais ce qui dé-termina surtout la retraite du duc Albert fut la nouvelle de la retraite desPrussiens, et les mouvements que les généraux Labourdonnaye arrivant deSoissons, Beurnonville revenant de Champagne , faisaient pour l’obliger des’éloigner rapidement de nos frontières.

Le noble dévouement des Lillois eut en France un immense retentissement;on lisait avec enthousiasme les moindres détails du siège; on pleurait d’ad-miration au récit de la conduite des troupes et de la population, et la nationfrançaise eut alors, pour la première fois, le sentiment de sa force et de sagrandeur. La résistance de Lille fut un gage de la conduite des autres placesde guerre si la France était encore envahie !

Bas-Rhin. — Vers le même temps, le général Custine tentait dans le Pala-tinat de brillantes et audacieuses entreprises. Détaché du corps de Biron,dont l’armée, de quarante-cinq mille hommes, était disséminée le long duRhin pour préserver les frontières contre les corps des princes d’Esterhazy et de Condé, Custine commandait un corps de dix-sept mille hommes sousles murs de Landau, à quelque distance de Spire. Les alliés, dans leur préci-pitation à se jeter sur la France , n’avaient que faiblement protégé leurs der-rières. De petits détachements couvraient Spire, Worms et Mayence ; laposition de Custine était excellente pour l’offensive ; il pouvait par un coupde main enlever ces trois villes, et il le tenta. C’était une admirable en-treprise que cette campagne au delà du Rhin , dont Custine s’attribue lapensée, mais dont quelques auteurs ne lui laissent que l’honneur de l’exé-cution.

Custine, comme tous les généraux qui commandèrent les premières arméesde la révolution, était de bonne noblesse; il était brave, hardi, entreprenantet avide de gloire. Capitaine à 15 ans dans les dragons de Schomberg, il avaitpris part à la guerre de Sept-Ans, et avait fait, comme colonel, celle d’Amé-rique . Il était doué d’une grande énergie de caractère, d’une intrépiditéincontestable. Avant la révolution, il avait été un des prosélytes de la disci-

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II.