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Tome second.
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28« HISTOIRE DE L’ARMÉE

armée. Le choix et la disposition du champ de bataille indiquaient à Dumou-riez qu’il avait trouvé dans Clairfayt un général digne de se mesurer avec lui.Après avoir, le 3 et le 4 novembre, délogé les Autrichiens de quelques pos-tes avancés qu’ils occupaient fortement très-avant sur sa route et dans laplaine, Dumouriez se déploya, le B, sur une immense ligne convexe, partantà gauche du village de Quaraignon, qu’il n’avait pu emporter la veille, et àdroite du hameau de Sply, au pied des hauteurs de Berthoymont et du montPalisel, qui couvrent un faubourg de Mons . Il se plaça de sa personne au centrede cette ligne de bataille à une égale distance de ses deux ailes. D’Harville,qui formait l’extrémité de son aile droite, au pied du mont Palisel et presquesous les murs de Mons , avait ordre d’observer la bataille et de profiter dumouvement de retraite et de confusion qui s’opérerait sous l’assaut des mas-ses françaises dans l’armée autrichienne, pour s’emparer de la route deMons et lui fermer les portes de cette ville, où le duc de Saxe-Teschen etClairfayt se ménageaient, sans doute, un refuge. Beurnonville, à qui Dumou-riez confia une avant-garde égale à elle seule à un corps d’armée, était chargéavec l’élite des troupes d’engager la bataille en abordant et en emportant levillage et le plateau fortifiés de Cuesme, gauche des Autrichiens. Cinq redou-tes étageaient ce redoutable plateau.

«Toutela ligne ennemie entre Cuesme et Jemmapes était également commemurée par des redoutes superposées les unes aux autres et dont les feux secroisaient au besoin par des pans de forêts abattues, dont les troncs d’arbres,les branches entrecroisées rendaient l’abord impraticable à la cavalerie ou àl’artillerie, par des ravins que la pioche avait approfondis et fossoyés davan-tage et par des maisons crénelées, d’où les tirailleurs tyroliens, à la carabineinfaillible, pouvaient viser lentement et à couvert, et décimer les rangs de noscolonnes d’attaque. Au centre seulement, le village et le bois de Flence, poséssur un plateau plus large et moins rapidement incliné, laissaient à la cavale-rie française une gorge par laquelle elle pouvait s’élancer jusqu’au pied de lahauteur. Le chemin intercepté néanmoins par le village môme de Flence,était en outre encombré d’avance par les escadrons d’élite de la cavalerie au-trichienne. Le vieux général Ferrand, débris de Lawfelt et de la guerre deSept-Ans, mais qui retrouvait sa jeunesse au bruit du canon, commandaitl’aile gauche rejetée un peu en arrière de la ligne de bataille par le village deQuaraignon, qu’une forte colonne autrichienne occupait encore avec de l’ar-tillerie en avant des hauteurs de Jemmapes.

«Enfin, le duc de Chartres (depuis roi des Français ) commandait le centresous la main du général en chef, le plus jeune des lieutenants de Dumouriez et le plus caressé de la faveur de ce général. On eût dit que son chef voulaitlui ménager un rayon de gloire pour le désigner à la France et à une destinéeque l’instinct politique de Dumouriez semblait entrevoir à travers la fumée deses premiers camps.

«Le duc de Chartres ne devait s’ébranler pour donner le dernier assaut aucentre inabordable de la position des ennemis que le dernier. Ferrand et