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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. “291

ne pas donner, en déchargeant et rechargeant les armes, le temps aux re-doutes de foudroyer les assaillants.

«Thouvenot,pour répondre à la pensée de son général et de son ami,Fer-rand, pour racheter son hésitation du matin, et pour rattacher la victoire àses cheveux blancs, firent mille fois le sacrifice de leur vie en entraînant lesgrenadiers, l'infanterie de ligne et les volontaires décimés, de gradins en gra-dins, sur les plateaux étagés de Jemmapes. Écrasé par un* 1 grêle de bouletset d’obus qui labouraient les pentes sous ses pieds, renversé de son chevaltué sous lui, Ferrand, relevé par Thouvenot, se place, à pied, son chapeau àla main, à la tête des grenadiers, saisit un fusil et charge à la baïonnettedans les rues du village, sous la mitraille des Autrichiens. Son sang coule, ilne le sent pas. Rozières et ses quatre bataillons menacent de tourner Jem-mapes par la gauche. Les huit escadrons que Rozières a placés en observations’élancent et gravissent au galop la rampe du village. Les redoutes étoufféesse taisent. Un détachement de chasseurs à cheval se précipite sur un des der-niers bataillons de grenadiers hongrois, qui luttait encore avec la colonnedu centre. La jeune Théophile Fernig, fondant à cheval avec ses chasseurssur ce bataillon, l’enfonce, renverse de deux coups de pistolet deux grena-diers et fait de sa main prisonnier le chef de bataillon, qu’elle conduit dé-sarmé à Ferrand.

«Dumouriez , tranquille désormais sur son attaque de gauche, où il avaitlaissé son âme dans la personne de Thouvenot, et voyant de la plaine les flo-cons de fumée envelopper Jemmapes et révéler en s’élevant les progrès desFrançais , porta toute son attention vers sa droite. Dépourvu de ce côté ducorps d’armée des Ardennes et de Valence , son chef, qui n’étaient pas encorearrivés en ligne, il se reposait sur Beurnonville, général actif et inspiré parle feu. Il était onze heures du matin, la journée s’usait. Ayant changé decheval à son quartier général, Dumouriez avait donné rapidement quelquesordres au duc de Chartres , et était reparti à toute bride pour voir de ses yeuxce qui ralentissait l'attaque de Beurnonville, au pied du plateau de Cuesme.A son arrivée, il trouva les troupes de ce général immobiles comme des mu-railles sous les boulets qui pleuvaient sur elles, mais n’osant franchir lesgradins de feu qui les séparaient du plateau de Cuesme. Deux des brigadesd’infanterie de Beurnonville débordaient un peu les redoutes défendues parles grenadiers hongrois. A cent pas en arrière, dix escadrons de hussards, dedragons et de chasseurs français attendaient vainement que l’infanterie leureût ouvert l’espace fermé devant eux. Ces escadrons recevaient, de momentsen moments, les décharges obliques de pièces de canon en écharpe qui enle-vaient des rangs entiers de chevaux. Pour comble de désastre, l’artillerie dugénéral d’Harville, postée au loin sur les hauteurs de Slipy, prenant ces esca-drons pour des masses de cavalerie hongroise, les canonnait par derrière.Au-dessus des redoutes une colonne de cavalerie et une colonne d’infanterieautrichiennes, prêtes à fondre sur nos bataillons aussitôt que les boulets lesauraient rompus, montraient leurs premières lignes de baïonnettes, et les