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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

Savoie devenait française dans tout le bassin des Alpes, etla France menaçaitles autres États de l’Europe par ses principes républicains et par ses armesvictorieuses.

Quoi qu'il en soit, la nouvelle de cette bataille produisit en France un en-thousiasme difficile à décrire. Elle fut célébrée avec transport dans toutes lesvilles, dans tous les villages de la république. A Paris , on fit de grandes fêtesen l’honneur de la victoire de Jemmapes, et tous les partis rendirent justiceaux talents du général Dumouriez .

L’invasion de la Belgique fut rapide. Le 7 novémbre, c’est-à-dire le lende-main de la victoire, le vainqueur fit son entrée dans la ville de Mons , au mi-lieu des acclamations des Brabançons, qui lui donnèrent une couronne à luiet au brave général Dampierre. Le manque de vivres et l’état de pénurie oùse trouvaient les troupes l’obligèrent à rester cinq jours dans cette ville. C’é-tait une faute d’autant plus grande, que la moindre diligence lui permettaitd’écraser entièrement les débris de l’armée du duc de Saxe-Teschen. Mais Du-mouriez , l’homme impétueux jusqu’à l’imprudence, ternit deux fois l’éclat deses succès en s’endormant dans une inactivité si funeste, la première aprèsValmy, la seconde après Jemmapes, qu’il fit douter de son génie militaire.L’armée autrichienne profita de cette lenteur pour se rallier et se renforcervers l’Escaut.

Pendant que Dumouriez se reposait à Mons sur ses lauriers, ses générauxpoursuivaient l’œuvre de conquête. A droite, le général Valence occupaitCharleroi ; à gauche, le général Labourdonnaye battait les Autrichiens àPont-Rouge, les chassait de Lannoy, de Roubaix, de Turcoing, de Comminges et de Roncy; rétablissait les communications avec la West-Flandre, prenaitles places de Tournay, de Menin, de Courtrai, et entrait le 12 à Gand . Lemême jour, Dumouriez , qui la nuit s’était remis en marche, livrait aux Au-trichiens le combat d’Anderlecht, et les habitants de la capitale de Belgique venaient lui apporter les clefs de la ville. Le 14, les troupes françaises y fai-saient leur entrée au milieu des plus vives manifestations d’allégresse, car lesvainqueurs annonçaient aux peuples, dans leurs proclamations, le respect dela propriété et des lois, et la liberté. Ce mot magique produisait alors un effetindicible sur les populations. La liberté, c’était alors le symbole de la gloire;c’était une ère nouvelle pour le peuple. C’était, pour les malheureux, l’espé-rance de jours meilleurs; pour les jeunes gens, c’était l’enthousiasme de l’a-venir; c’était le progrès sagement gradué pour les hommes réfléchis! Hélas!les excès de la France républicaine n’avaient point encore épouvanté lemonde, et fait douter des bienfaits de la liberté.

Les combats de Tirlemont et de Baccourt achevèrent de chasser les Autri-chiens de la Belgique. La prise d’Anvers , l’ouverture des bouches de l'Escaut,le siège et la prise de la citadelle de Namur par l’intrépide général Leveneur,le combat et la prise d’Aix-la-Chapelle et l’occupation de Ruremonde , ache-vèrent l’œuvre de conquête de la Belgique .

Au commencement de décembre, nos soldats prenaient leurs quartiers

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