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Tome second.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

soldats, la qualité seule du drap faisait la différence. En 1788, on rendit auxgrenadiers les bonnets à poil qu’on leur avait ôtés douze ans auparavant.

Une troisième place de sous-lieutenant sans appointements avait été crééeen 1781, dans chacune des deux premières compagnies des régiments d’in-fanterie. Un capitaine de remplacement, également sans appointements, fut,en 1784, attaché à la première compagnie de fusiliers de chaque régiment.La compagnie se partageait en 2 divisions, 4 subdivisions et 8 escouades.

En 1788, 12 bataillons d 'infanterie légère furent formés; chaque bataillonétait de 4 compagnies de chasseurs, forte de 108 hommes, officiers compris;12 carabiniers furent créés dans chaque compagnie. On trouve dans ceshommes d’élite l’origine de nos carabiniers à pied (grenadiers de l’infanterielégère).

La loi de 1791, les décrets de 1792 et 1793 modifiaient la constitution del’infanterie, ainsi que nous l’avons rappelé plus haut quant à l’amalgamedes bataillons de volontaires dans les vieux corps. Nous ajouterons qu’en 1791le casque en feutre noir verni fut adopté au lieu du chapeau à cornes.

Lors de la création des bataillons de volontaires, où chacun arrivait avecdes droits égaux, les grades furent donnés au choix, et, chose digne de re-marque, presque tous les chefs de bataillons de volontaires devinrent desgénéraux de Napoléon .

En 1794, l’infanterie fut organisée en 110 demi-brigades de ligne et 30légères. En 1796, les demi-brigades de première formation ou de bataillefurent supprimées et remplacées par des demi-brigades d’infanterie de ligne,et les numéros des corps furent tirés au sort. Ainsi tel corps qui portait len° 3 devint n° 75 ou 80. Un autre décret du 4 fructidor an VI établit le modede recrutement, connu sous le nom de conscription, qui prescrivait que toutFrançais , sans exception, depuis l’âge de 20 ans jusqu’à celui de 25 seraitappelé à la défense de la patrie, toutes les fois qu’elle serait déclarée endanger.

Nous ne parlerons que pour mémoire des autres formations qui eurent lieuà cette époque et qui ne furent que provisoires, telles que les bataillons dehouzards à pied, organisés, le premier à Orléans, le second à Caen ; les deuxbrigades provisoires de ïOrient-, les grenadiers de la marine; les trois bataillonsfrancs; les deux légions polonaises ; la légion des francs du Nord, etc., etc.

La cavalerie subit une révolution complète durant la période que nousvenons de parcourir. Ce fut encore Frédéric II qui eut l’honneur de cetterévolution. Jusqu’alors on n’avait chargé qu’au trot en faisant feu du pistoletet du fusil; Frédéric fit charger au galop, le sabre à la main. On compritalors seulement que la force de la cavalerie était dans le choc, et Fou aban-donna lès traditions passées. Pendant la guerre de Silésie, la cavalerie deFr édéric était arrivée à une précision de manœuvres au moins aussi admi-rable que celle des manœuvres de l’infanterie; aussi cette cavalerie obtint-elle de grands succès ; formant ses colonnes avec rapidité, elle tournait leflanc de l’ennemi, et, se remettant en bataille, le chargeait en ligne dans un