ET DE TOUS LES REGIMENTS . 305
ordre parfait et sur un point inattendu. G’est sur ces observations que lacavalerie française fonda sa tactique, et bientôt elle égala et surpassa la ca-valerie du grand Frédéric. Nos houzards de la liberté, nos chasseurs de larépublique mesurèrent souvent avec succès leurs sabres contre ceux des ter-ribles houzards prussiens lors de l’invasion de la Champagne ; et plus tard,dans la guerre de 1806, la cavalerie du vainqueur de Postdam ne tint pasun instant contre nos escadrons français . C’était alors l’époque brillante denotre cavalerie, et à son tour elle servit de modèle à l’Europe .
Le règne de Louis XVI est des plus féconds en améliorations utiles pourl’armée. La cavalerie prit, ainsi que nous l’avons dit, un immense dévelop-pement, surtout la cavalerie légère, dont la véritable destination commençaseulement alors à être comprise. Jusque-là ce n’était qu’un vain mot que lemot de cavalerie légère, puisque le régiment des cuirassiers du roi comptait,avec le n° 7, dans les régiments de cavalerie légère, et que les carabiniersavaient le n° 12.
En 1760 on vit paraître une arme nouvelle dans la cavalerie légère, celledes chasseurs. Ce fut d’abord un corps composé d’hommes petits et robustes,attachés aux régiments de hussards; c’était des fantassins combattant dansles rangs de la cavalerie. M. de Saint Germain les organisa en régimentsde cavalerie, en prenant un escadron dans chaque régiment de dragons; ilen forma ainsi six régiments. En 1781 les chasseurs à cheval eurent unbataillon à pied attaché à chaque régiment, ce qui formait un espèce delégion composée de 576 chevaux et de 348 chasseurs à pied. En 1788 lesbataillons de chasseurs à pied furent organisés séparément et devinrent lenoyau de l’infanterie légère, et les chasseurs à cheval furent décidémentassimilés, quant à l’organisation, aux autres régiments de cavalerie.
Au commencement de la révolution on comptait, dans les diverses armesde cavalerie, deux régiments de carabiniers, composés de quatre escadrons.L’escadron était de cent soixante-dix-huit hommes et cent soixante-deux che-vaux. Chaque régiment avait deux étendards portés par les plus anciens ma-réchaux-des-logis-chefs. On comptait en outre le régiment de cuirassiers duroi, fort de huit cent soixante-trois hommes; et vingt-quatre régiments decavalerie de quatte escadrons.
L’arme des dragons comptait dix-huit régiments en 1701, celle des hussardssix régiments de sept cent vingt-quatre hommes, et enfin l’arme des chas-seurs était composée de douze régiments; en tout/soixante-deux régimeptsde diverses armes sans compter les corps de cavalerie de la maison du roi.
En 1792 les cadres de la cavalerie légère s’agrandirent considérablement,on vit créer successivement les houzards de la liberté, les houzards américains,les houzards braconniers, les chasseurs bons tireurs, les houzards de la mort, ceuxdé l'égalité, les houzards francs du Nord ou houzards noirs, 'etc., qui tous firentdes prodiges d’audace et d’intrépidité, et devinrent le noyau des meilleursrégiments de cavalerie légère de la république et de l’empire.
Artillerie. — L’artillerie fit aussi d’immenses progrès pendant la période