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Tome second.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

qui embrasse la régence de Louis XV et de LouisXVI.sousl’impulsion deVal-lière et de Gribeauval. Nous avons dit, d’après les mémoires de Diégo Urfanoet de Saint-Rerriy, quel était l’état de l’artillerie depuis Henri IV jusqu’àLouis XIV . Nous avons vu que tous les efl'orts faits sous ce dernier règne nefurent pas infructueux, mais nous devons ajouter que le manque d’unifor-mité entratna.de graves inconvénients; en effet, lorsque les portions d’équi-pages étaient tirées de diverses provinces, les pièces et les projectiles de l’unene pouvaient pas servir pour l’autre. C’est pour remédier à ces inconvénientsque Vallière fit rendre une ordonnance qui fixa définitivement les calibres;en môme temps il fit supprimer les lieutenants du grand maître, et créa,pour centraliser le service de l’armée, des lieutenants généraux d'artillerie.Les calibres adoptés alors furent ceux-ci : 24, 16, 12, 8 et 4 (1).

Vallière s’occupa aussi de l’amélioration du service des officiers et de leurinstruction. L’avancement ne fut plus donné qu’en récompense du travail etdu progrès. Il fallut subir un examen pour parvenir au grade de capitaineen second. Le poids de la charge de poudre fut fixé par Vallière aux deuxtiers du poids du boulet. Mais la plus importante des améliorations faites àcette époque fut la création des écoles d’artillerie.

L’artillerie était toujours construite par entreprises; les capitaines descharrois étaient eux-mêmes des entrepreneurs.

Système Gribeauval (2). Ce général fit avec le matériel de l’artillerie deuxgrandes divisions : l’artillerie de siège et l’artillerie de campagne. Il intro-duisit dans l’artillerie française des obusiers du calibre de 6 pouces. Il ré-duisit les calibres pour la guerre de campagne à trois de 12, 8 et 4. Il chan-gea les proportions des pièces existantes, les fit plus courtes, et en réduisit lepoids à environ cent cinquante fois le poids du boulet. 11 renforça les affûtstout en conservant une légèreté plus grande dans l’ensemble du poids dela pièce; enfin, il sépara totalement l’avant-train de l’affût en le reliant parun cordage qui fut appelé prolonge. Cette innovation a été la plus fécondeen résultats pour l’artillerie française. Ce ne fut pas seulement dans la formedes canons que Gribeauval exigea des dimensions précises, les projectilesfurent ainsi soumis à des épreuves sévères, le vent fut diminué, leur diamètredut être contenu entre deux limites rapprochées pour augmenter la justessedu tir. La charge de poudre, fixée au tiers du poids du boulet, fut enveloppée

(1) Les pièces de 24 eurent, au fond do l’âme, de petites chambres appelées chambres porte-feux, destinées â empêcher la dégradation de la pièce à la lumière. Les connaissances des loisdu mouvement et de l’équilibre ayant permis de déterminer la place que devaient occuper lestourillons, on plaça l'axe des tourillons à un demi-calibre au-dessous de l’axe de la pièce. Onobtint par là une précision bien supérieure. Les modèles des affûts qui doivent supporter lespièces furent aussi déterminés. Le charronnage était encore dans l’enfance. Les affûts, con-struits assez grossièrement, avaient leurs essieux en bois.

(2) Le général Gribeauval avait servi dans les armées autrichiennes et prussiennes. Il avaitdirigé leur artillerie, et s’était acquis une grande réputation à la défense de Scheweidnitz. Deretour en France , il compara ce qu’il avait vu avec co qui existait alors, et présenta un projetde réorganisation complète de l’artillerie.