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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

dans un sachet en serge et réunie au boulet ensabotté; la vis de pointagesubstituée au coris de mire rendit le pointage plus rapide : toutes ces dis-positions devaient augmenter beaucoup la justesse du tir.

Gribeauval s’occupa aussi du personnel de l’artillerie, et fît des change-ments importants dans son organisation. Avant lui le service de l’artilleriese faisait par détachement; un certain nombre d’officiers et de canonniersétaient désignés pour certaines pièces; ils marchaient avec elles et s’en ser-vaient, puis, rentrés au parc, n’en avaient plus la surveillance. Gribeauval changea ce système et plaça les mêmes pièces sous la responsabilité des offi-ciers; enfin il créa la division d’artillerie, qui se prêta admirablement à l’or-ganisation de 1791.

En 1765 le corps de l’artillerie était divisé en sept régiments, ayant cha-cun une école particulière. En 1792, on comptait huit régiments; plus tard,en l’an II, les mineurs furent réunis au corps du génie.

Mais l’innovation la plus utile fut celle de l’artillerie à cheval. Ce fut La-fayelte qui, le premier, lit adopter en France cette utile innovation enusage déjà sous Frédéric II . En l’an III, il y avait huit régiments d’artillerielégère ou à cheval.

« L’artillerie à cheval, dit le général Foy, fut composée à sa création desartilleurs les plus ingambes, et recrutée ensuite avec l’élite des grenadiers.Elle fit des merveilles. On vit dans les campagnes d’Allemagne de simplescapitaines de cette arme acquérir une réputation d’armée. Bientôt les géné-raux ne voulurent plus avoir d’autre artillerie, parce que celle-là étant plusmobile et plus efficace, il en fallait moins, et c’était autant d’allégement dansles colonnes d’attirail.»

. Avant de terminer cette esquisse sur la vieille armée française, disons undernier mot sur les corps qui firent sa gloire. N’est-ce pas à la vieille arméequ’appartiennent les beaux faits d’armes des premiers jours de la révolu-tion? Le marquis de Beaurepaire, chef de bataillon de volontaires, qui sebrûla la cervelle à Verdun , était un colonel de l’ancienne armée; le marquisde Dampierre, le premier des généraux qui mourut d’un boulet de canon luiappartenait aussi. Les premières victoires de la république furent l’œuvre desvieux corps. Les premières armées furent conduites par Biron, Luckner, deBeauharnais, de Kellermann, de Custine, Dumouriez , Beurnonville, portéscomme généraux sur l’annuaire de 1788. Pichegru sortait des instructeursde Brienne, où Bonaparte était élève. N’est-ce pas aussi le vieux régime quiavait formé toute cette génération vigoureuse de sous-officiers qui devinrentgénéraux sous la république?