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Tome second.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

par ses talents comme diplomate, comme administrateur et comme capitaine,aetqui, ditM. Thiers, avait montré tous les courages, celui de l’homme civilqui résisteaux oragesdelatribune,celui du soldat quibrave le bouletennemi,celui du général qui affronte et les situations les plus désespérées et les hasardsdes entreprises les plus audacieuses.» Sa conduite a été sévèrement appréciéeet couvrira sa gloire d’une souillure éternelle. S’il eût essayé de renverser ungouvernement tyrannique avec son armée, s’il eût tâché de remplir le rôlede Monk en faveur du fils de Louis XVI ou de son neveu le duc de Chartres ,certes sa conduite eût trouvé dans le public plus de sympathie que de blâme,surtout après la mort du roi. Pour les uns, c’eût été un conspirateur, pourle plus grand nombre, c’eût été un libérateur; mais s’appuyant sur les baïon-nettes autrichiennes, il ne fut plus pour tout le monde, il n’est plus pourl’histoire qu’un traître et un transfuge.

La défection de Dumouriez laissait l’armée dans une désorganisation fu-neste, et plaçait la France dans une position critique, en découvrant nosfrontières du Nord; mais les ennemis, d’après leur plan, ne devaient se porteren avant qu’après la prise de Mayence, et le prince de Cobourg n’était pashomme à outre-passer les dispositions arrêtées. Cependant, hâtons-nous de ledire, Dumouriez , avant son départ, avait pris toutes les précautions possiblespour prévenir les suites de la défaite de Norwenden, et formé un cordon detroupes pour protéger nos villes frontières. Le général Dampierre, qui avaitreçu le commandement de l’armée du Nord en remplacement de Dumouriez ,s’établit au camp de Famars , position forte et bien choisie, qui lui permettaitde secourir celles de nos places fortes qui seraient menacées. C’est dans cescirconstances que la Convention décréta la création du comité de salut public,composé de trente-neuf membres pris dans son sein, et investi de pouvoirsillimités pour les mesures à prendre dans l’intérêt de la défense extérieure etintérieure de la patrie. Onze armées furent mises sur pied, et distribuéesainsi sur nos frontières.

« L'armée du Nord, sur la frontière et dans les places ou forts, depuis Dun-kerque jusqu’à Maubeuge inclusivement.

« L’amée des Ardennes , sur la frontière ou dans les places ou forts, depuisMaubeuge inclusivement, jusqu’à Longwy exclusivement.

« L'armée de la Moselle, sur la frontière et dans les places ou forts, depuisLongwy inclusivement, jusqu’à Bitche exclusivement.

« L'armée du Rhin, sur la frontière et dans les places ou forts, depuis Bitche inclusivement, jusqu’à Porentruy exclusivement.

« L'armée des Alpes, sur la frontière et dans les places ou forts, dans le dé-partement de l’Ain inclusivement, jusqu’au département du Var exclusive-ment.

« L'armée d'Italie , sur la frontière et dans les places, forts ou ports, depuisle département des Alpes-Maritimes inclusivement, jusqu’à l’embouchure duRhône .

« Varmée des Pyrénées-Orientales , sur la frontière et dans les places, forts