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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 519

ou ports, depuis l’embouchure du Rhône jusqu’à la rive droite de la Ga-ronne .

« L'aimée des Pyrénées-Occidentales, sur la frontière et dans les places, fortsou ports, dans toute la partie du territoire de la république, sur la rive gau-che de la Garonne .

« L'armée des côtes de La Rochelle, sur les côtes et dans les places, ports ouforts, depuis l’embouchure de la Gironde jusqu’à l’embouchure de la Loire.

« L'armée des côtes de Brest, sur les côtes et dans les places ou forts, depuisl’embouchure de la Loire jusqu’à Saint-Malo inclusivement.

« L'armée des côtes de Cherbourg, sur les côtes et dans les places, forts ouports, depuis Saint-Malo inclusivement jusqu’à l’Authie. »

Ces armées n’élaient, sans doute, à l’exception des armées du Nord, duRhin et des Pyrénées , que de simples corps qui mériteraient aujourd’hui àpeine le nom de division ; mais cet étalage de troupes imposait à l’ennemi,qui n’avait aucun moyen de vérifier leur force.

La Convention décréta, en outre, que soixante de ses membres se ren-draient aux armées, sous le nom de représentants du peuple, afin de surveillerles actes des généraux, de stimuler le zèle des administrateurs et d’encou-rager le patriotisme des soldats. Leurs pouvoirs, comme ceux des membresdu comité de salut public, étaient illimités, et leurs arrêtés exécutés provisoire-ment.

Les représentants du peuple furent ainsi répartis dans nos armées : 12 fu-rent envoyés à l’armée du Nord, 4 à l’armée des Ardennes; 4 à l’armée de laMoselle, 10 à l’armée du Rhin, 4 à l’armée des Alpes, 4 à l’armée d’Italie , 4 àl’armée des Pyrénées-Orientales, 4 à l’armée des Pyrénées-Occidentales, 6 àl’armée des côtes de La Rochelle, 4 à l’armée des côtes de Brest, 4 à l’arméedes côtes de Cherbourg.

La mission de ces hommes, animés du fanatisme patriotique le plus vio-lent, leur courage dans le danger, leur sang-froid et leur audace dans les posi-tions les plus critiques, leur énergie sauvage et sanguinaire, inaccessible à lacrainte et à la pitié, et jusqu’à leur costume théâtral, moitié civil et moitiémilitaire, tout inspirait la terreur et l’effroi. Ces représentants du peuple res-semblaient, à quelques égards, aux rudes puritains de Cromwell , ou plutôt àces légats du moyen âge, qui, pour maintenir l’unité catholique et raviver lafoi chancelante des peuples, jetaient l’interdit sur des villes entières, frap-paient d’anathème les grands et les puissants, et les souverains eux-mêmes,prêchaient des croisades contre les hérétiques et prescrivaient à leurs soldatsde tout massacrer, en laissant à Dieu le soin de reconnaître les siens.

Ces rudes proconsuls furent bientôt à l’œuvre ; il fallait porter la terreurdans lés rangs élevés de l’armée, où commandaient encore des hommes del’ancien régime dont les sentiments leur étaient suspects, et placer les géné-raux dans la nécessité de vaincre ou de périr. Custine fut la première victimedésignée par eux au bourreau. Il avait, en conservant une armée à la France ,laissé prendre une ville qu’on ne pouvait défendre. C’en était assez pour