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HISTOIRE DE L’ARMÉE
monter à l’échafaud. Beauharnais commit une faute involontaire, il fut assas-siné juridiquement. Brunet paya également de sa tête une déroute à l’arméedu Var. Les généraux d’IIarville et Bouchet n’avaient pu tenir à Nancy ; ilsfurent arrêtés àMaubeuge et eurent à se justifier, devant le tribunal révolu-tionnaire, de la déroute d’Aix-la-Chapelle . Le général polonais Maczinski,soupçonné d’attachement pour Dumouriez , fut décapité. Biron, le chevale-resque et brave général, périt aussi sur l’échafaud; enfin, exemple inouï pourl’histoire, le général Iloucliard, vainqueur à Hondscoote, fut jeté au bourreaupour avoir encouru Vimprobation des représentants du peuple.
Les Romains avaient décapité Manlius pour avoir combattu malgré lesordres du sénat. Les Anglais avaient arquebusé l’amiral Byng pour n’avoirpas vaincu à Minorque . 11 était réservé au comité de salut public d’offrir lepremier exemple d’un général victorieux traîné au supplice pour n’avoir pasdétruit entièrement son ennemi vaincu.
Toutefois l’injuste supplice ou plutôt l’assassinat juridique de ce généralproduisit une salutaire impression dans l’armée. Il imprima aux opérationsune énergie nouvelle, et finit par ramener la confiance sous les drapeauxfrançais et par renvoyer la terreur dans les camps ennemis. Mais revenons àl’armée du Nord.
Les généraux ennemis, ainsi que nous l’avons dit, au lieu d’agir activementsur les débris dispersés de nos armées, attendirent les contingents anglais ethollandais qui n’arrivèrent en ligne que le 23 avril. Ils se bornèrent à mena-cer les principales villes de la Flandre, Lille, Condé, Valenciennes et Maubeuge .Leurs forces s’élevaient en ce moment à 11G,000 hommes, Autrichiens, Prus-siens, Anglais , Hanovriens, Hollandais, Ilessois ou émigrés.
Le général Dampierre, qui montrait beaucoup d’activité, pour rendre à nossoldats leur confiance et leur élan, quitta son camp de Famars et se porta surValenciennes. Dès la veille, les ennemis s’étaient mis en mouvement ets’étaient emparés de plusieurs postes, entre autres, de Curgies, de Raisme etde Vicogne. Condé se trouvait investi par le prince de Wurtemberg, et le gé-néral Latour campait devant Maubeuge . Plusieurs combats d’avant-poste eu-rent lieu sur tous les points et furent à l’avantage des Français . Mais Dam-pierre ne voulait tenter une action décisive qu’après avoir reçu les renfortsqu’il attendait. L’impatience imprudente des représentants du peuple en dé-cida autrement. Dampierre résolut donc de faire une tentative pour débloquerla ville de Condé. Une première attaque eut lieu le 1 er mai. Elle fut, commetoujours à cette époque, énergique et meurtrière. Mais le nombre des ennemiset le choix de leur position résistèrent à tous les moyens d’attaque. Après cetinsuccès qui avait encore affaibli son armée, Dampierre voulait encore atten-dre. Les conventionnels voulaient venger’ce qu’ils appelaient un affront. Legénéral dut ordonner une nouvelle attaque. Elle eut lieu le 8 mai et fut con-duite avec beaucoup d’habileté, d’ensemble et d’élan. Mais le général Dam-pierre fut mortellement atteint au moment où il dirigeait une charge décisive.Sa mort ralentit l’ardeur des troupes et détruisit l’ensemble des mouvements.