ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 321
Les représentants du peuple ordonnèrent la retraite, qui se fit en bon ordresous le commandement intérimaire du général Lamarche.
Le combat du 8 mai ouvrit aux alliés la plaine qui s’étend entre Condé , Va-lenciennes et le Quesnoy , et par suite entraîna l’évacuation du camp de Fa-mars. Les Français avaient perdu 3,000 hommes dans ces deux combats quiavaient agrandi la trouée faite sur nos frontières.
Le général Custine, rappelé de l’armée du Rhin, vint prendre le com-mandement de l’armée du Nord à Cambrai , vers la fin du mois de mai. Il éta-blit son camp sur les hauteurs de Ghiwelde, afin de couvrir la ligne de nosfrontières du côté de la West-Flandre. Custine, en arrivant à l’armée du Nord,la trouva dans un état affreux de désorganisation. L’infanterie surtout, for-mée de nouvelles levées mal vêtues et sans instruction, était démoralisée; lacavalerie était mal montée ; l’artillerie manquait d’officiers instruits. Il donnases premiers soins à la réorganisation de cette armée, s’efforça de gagner saconfiance et de rétablir la discipline. Pendant ce temps les alliés faisaient desprogrès et s’emparaient de Condé et de Valenciennes. Ces deux villes avaient faitune longue et héroïque résistance. A Condé commandait le général Chomel;à Valenciennes commandait le vieux général Ferrand, un des héros de Jem-mapes, et dans ces deux villes se trouvaient des représentants du peuple.Condé ne pouvait tenir longtemps; cependant elle ne fut prise qu’après troismois de siège. Valenciennes , plus forte, mieux défendue, ne se rendit que le28 juillet, après avoir supporté quarante-trois jours d’un bombardement noninterrompu. Toutes les maisons étaient détruites ou incendiées; les parapets,les remparts étaient renversés; le corps de place avaitdes brèches praticablespour l’assaut ; la garnison était diminuée de moitié ; en un mot, les défenseursde Valenciennes avaient épuisé les dernières ressources de la défense. Ils avaientbien mérité de la patrie. Custine, cependant, avait reçu l’ordre d’agir pour dé-bloquer Condé d’abord, puis Valenciennes; mais ce général, avons-nous dit,s’était borné à prendre une forte position et à réorganiser son armée. Sa con-duite, prudente fut sévèrement jugée à Paris , où il arriva en même temps quela nouvelle de la prise de Valenciennes . Il avait, en laissant prendre une placeconservé le noyau d’une armée qui eût été détruite par un seul revers, et qui,par sa position, sauva Maubeuge et Dunkerque , et porta l’année suivante ledrapeau de la France jusque sur les confins de la Westphalie ; mais sa mortétait résolue. Custine, accusé, se défendit avec franchise et dignité; condamné,il mourut avec courage et fermeté.
En ce moment, la position de la république était on ne peut plus critique :vingt et un départements étaient en pleine insurrection. Lyon , la seconde villedu royaume, la ville du commerce aristocratique et du luxe, soutenait unsiège contre les armées de la Convention ; Marseille , l’ardente cité du fédéra-lisme, elle-même était soulevée; Toulon livrait aux Anglais son riche arsenal,son port et ses vaisseaux; Valenciennes et Condé , boulevard de nos frontièresdu Nord, étaient au pouvoir des ennemis; la Vendée, la Bretagne et une par-tie de la Normandie étaient en feu. Mais l’énergie des membres de la Con-
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II.