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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
guerres de la république. De là ces ordres exprès des représentants du peuple,de marcher en avant, toujours, quand même, ne fùt-ce que pour donner auxtroupes le baptême du feu. Ilouchard, avec son mâle courage, son énergiquephysionomie, était l’homme qu’il fallait pour ce genre de guerre.
A la fin du mois d’août les troupes des alliés se trouvaient établies sur troispoints : le duc d'York, à l’extrême droite, avait campé sous les murs de Dun-kerque qu’il assiégeait; au centre, le prince de Cobourg pressait la ville deMaubeuge ; et à gauche, les Prussiens et les Autrichiens bloquaient Landawet menaçaient l’Alsace. Le plan de Carnot était dicté par la position même :attaquer simultanément tous les postes et les débloquer. Ilouchard eut ordred’agir contre le duc d’York; Jourdan, officier de fortune comme lui, futchargé de contenir le prince de Cobourg; et Pichegru , qui paraissait aussipour la première fois à la tête d’une armée, fut envoyé sur le Rhin .
Continuons de suivre la marche de l’armée du Nord.
Cette armée, ainsi que nous l’avons dit, se trouvait entre Arras et Douai quand les ennemis se mirent en mouvement pour s’emparer à la fois de Dun-kerque et du Quesnoy. Le duc d’York, à la tête de son corps d’Anglais ,d’Hanovriens, d’Écossais et de Hessois,se jetant sur les côtes maritimes de laFrance pour assiéger la première de ces villes, l’armée impériale devaitprendre l’autre. Après un bombardement de quinze jours, le Quesnoy ouvritses portes aux alliés ; mais Dunkerque , la puissante ville maritime, résista ausiège et au bombardement, et s’immortalisa par une défense à jamais célèbredans nos fastes. Cependant les Anglais ne négligèrent rien pour s’emparer decette ville, dont les hardis armateurs inquiétaient si vivement le commercebritannique, et dont les corsaires, dans la dernière guerre d’Amérique , luiavaient enlevé plus de douze cents navires, fait 10,000 prisonniers et capturéou détruit pour plus de 50 millions de marchandises. Aussi le peuple anglais ,en voyant sortir de la Tamise le formidable armement que l’amiral Makbrigedevait conduire sous les murs de Dunkerque , le salua-t-il de ses cris de joie.La Convention, de son côté, sentait l’importance qu’il y avait pour elle àconserver cette forte cité maritime baignée par l’Océan, aux frontières duNord , et dont la prise devait donner à l’invasion un grand développement.Elle seconda de tous ses efforts le courage et le dévouement des habitants doDunkerque , dont les moyens de défense étaient presque nuis, tant on s’atten-dait peu à ce siège, et dont le duc d’York se fût emparé indubitablement s’ileût pu investir la place complètement. Le comité de salut public prescrivitdonc au général Houchard de délivrer Dunkerque à tout prix, et au généralSouham , qui commandait la place, de se défendre quand même ; de laisserdétruire toute sa troupe jusqu’au dernier homme, de laisser démantelerla place jusqu’à la dernière pierre et démolir la ville jusqu’à la dernièremaison, plutôt que de se rendre. Carnot lui - même se transporta àl’armée du Nord pour communiquer aux généraux les ordres exprès dugouvernement répub 1 icain et le plan qu’ils devaient suivre. Ce plan con-sistait à attaquer les ennemis sur plusieurs endroits de leur ligne, qui s’éten-