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HISTOIRE DE L’ARMÉE
dait de Menin à Dunkerque , et présentait ainsi des points d'un accès facile,bien que l’armée coalisée s’élevât à 60,000 hommes et que l’armée françaisecomptât à peine-40,000 hommes. Il ne fallait pour l’exécution de ce plan quequelques mouvements rapides et concentriques et quelques attaques hardieset décisives. La journée d’Hondschoote fut le résultat de ces mouvements, etne mérita le nom de bataille que par l’importance du succès. Trois jours du-rant, les Français se battirent avec une ardeur incroyable, et parvinrent àchasser les Anglais de leur position retranchée d’IIondschoote (6, 7 et 8 sep-tembre). Vandamme à l’avant-garde, Collaud à la droite et Jourdan au centredu corps de bataille, se couvrirent de gloire. La garnison de Dunkerque elle-même participa au succès de la journée du 8, en exécutant, sous la conduitede l’adjudant-général Hoche, une sortie vigoureuse, et dont l’à-propos et lesuccès eussent permis à un général plus habile que Houchard de détruirecomplètement l’armée anglaise prise ainsi à revers. Quoi qu’il en soit, le butétait atteint, et la journée de Hondschoote força le duc d’York à se retirer entoute hâte vers Furne, laissant sous les murs de Dunkerque plusieurs milliersd’hommes, toute son artillerie, et ses magasins remplis de munitions de toutgenre.
La victoire d’IIondschoote fut comparée à celle de Jemmapes et causa enFrance, à Paris surtout, une joie indicible. Indépendamment du résultat quiétait immense, elle avait fait éprouver aux Anglais un échec personnel, ra-mené la victoire sous les drapeaux de l’armée du Nord, et inspiré la confiancedans le cœur des soldats démoralisés par une longue suite de revers. La con-servation de Dunkerque était d’ailleurs une compensation de la prise de Cour-trai, et permettait d’espérer la délivrance de la ville deMaubeuge.
Le général Houchard , après la victoire d’Hondschoote, devait agir avec vi-gueur sur les Hollandais disséminés en petits corps autour de Menin , et tirerainsi un grand parti de la victoire. 11 ne s’agissait ici ni de talents militairesni d’inspirations ; il s’agissait de suivre les ordres du comité de salut public.Houchard ne le fit point. Il opéra mollement, et laissa battre son armée sousles murs de Courtrai par le corps du général autrichien Beaulieu, ou plutôtpar l’apparition d’un corps de cavalerie sur ses ailes, et telle fut la terreur in-concevable des soldats, qu’ils se débandèrent aux cris de sauve qui peut, et vin -rent se réfugier sous le canon de Lille . Cette inconcevable déroute fit perdreà l’armée du Nord le fruit de la victoire d'Hondsehoote et rejeta la France surcette frontière du Nord dans la périlleuse position où elle se trouvait avant lacampagne. Nous avons dit que le général Houchard paya de sa tête ses fauteset ce revers.
Le comité de salut public, toujours énergique dans les circonstances criti-ques, prit alors la résolution d’épurer les états-majors, et d’élever aux plus hautsgrades de simples officiers. Hoche s’était distingué à Dunkerque , il reçut lecommandement de l’armée de la Moselle ; Jourdan avait fait preuve de talentsmilitaires à Hondschoote, il remplaça Houchard à l’armée du Nord; deux autresgénéraux , soldats la veille, furent placés à la tête des deux autres armées, les