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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
plus importantes de la république. C’est à cette époque aussi qu’il faut rap-porter les premiers progrès de l’art militaire dans les armées républicaines,et l’application des combinaisons hardies, des marches rapides et concentri-ques, qui conviennent si bien au caractère français , et qui expliquent lesuccès de nos soldats inexpérimentés et de nos jeunes généraux contre desarmées bien disciplinées et aguerries, des généraux fort savants, il est vrai,mais agissant avec lenteur et imbus de principes trop méthodiques.
C’est vers l’armée du Nord surtout que le gouvernement républicain avaitles yeux ; là était pour lui le danger réel et imminent. En confiant à Jourdanle commandement de cette armée, ce général avait reçu de Carnot lui-méme,qui était accouru sur la frontière, l’ordre de tenter un coup hardi et décisif.
Les généraux de la coalition, éclairés par l’expérience, comprirent enfinque le défaut d’ensemble avait rendu jusqu’alors leurs opérations infruc-tueuses : ils résolurent de concentrer leurs forces entre l’Escaut et la Meuse ,de manière à pouvoir agir en masses redoutables. Condé et Valenciennes , dontils s’étaient emparés, leur assuraient deux points importants sur l’Escaut. LeQuesnoy , qu’ils venaient de prendre, leur donnait un appui entre l’Escaut etla Sambre. La prise de Maubeuge , dont ils entreprirent le siège, leur en assu-rait un sur la Sambre elle-même ; ce qui leur formait une excellente base d’o-pérations pour la campagne prochaine.. C’est donc sur Maubeuge que se por-taient en ce moment tous leurs efforts. Ce plan, comme on le voit, indiquaitune unité de pensée et d’action qui pouvait devenir funeste à la France . 11fallait en arrêter le développement par des victoires. Le plan concerté entreCarnot et Jourdan consistait à agir cette fois d’après un système opposé à ce-lui de la campagne précédente. A Ilondschoote, on avait massé les troupespour les porter sur un point décisif; ici, au contraire, on les développait demanière à déborder l’ennemi sur ses deux flancs. Cette conception, toute té-méraire qu’elle était, puisqu’elle exposait chacun des corps de l’armée sépa-rément, et laissait aux ennemis l’avantage de leurs masses, offrait l’exempled’une combinaison nouvelle ; elle prouve le développement hardi que pre-nait chez nos généraux l’art stratégique. Mais, avant tout, il fallait débloquerMaubeuge , que l’armée venait d’envahir. Cette ville, située sur la Sambre,était protégée par un camp, occupé par deux divisions fortes de 10,000hommes chaque, sous les ordres des généraux -Desjardins et Mayer. Laforteresse protégeait les derrières placés sous ses murs ; le front était cou-vert par deux ravins marécageux; la gauche s’appuyait à la petite rivièrede Marchiennes , et la droite à la Sambre. Plusieurs redoutes avaient été éle-vées pour en défendre les approches; mais ces ouvrages n’étaient pas entière-ment achevés du côté de la tranchée qui devait lier au camp la redouteprincipale.
Les alliés franchirent la Sambre le 29 septembre et s’avancèrent en deuxcorps, subdivisés en colonnes, pour attaquer séparément les deux divisionsqui gardaient le camp. L’armée ennemie s’élevait à 120,000 hommes environ,de bonnes et vieilles troupes, sous la conduite du prince de Cobourg . Les deux