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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

néral Aubert-Dubayet invitant à dîner son état-major, lui fit servir commerégal un chat flanqué de douze souris. Cependant les traits d’audace, dedévouement et de bravoure se multipliaient chaque jour dans la garnison.Les généraux, les représentants du peuple eux-mêmes, donnaient l’exemplede la plus héroïque énergie. C’est le jeune Meunier, dont les sorties auda-cieuses avaient jeté la terreur au quartier général des ennemis, et qui,blessé au genou, expire moins de sa blessure que de l’irritation qu’il éprouvaitde cesser de combattre. La garnison tout entière rendit les derniers devoirsà ce brave et intrépide jeune homme ; le roi de Prusse lui-même fit suspendrele feu et saluer ses funérailles de deux salves d’artillerie. C’est Kléber, l’im-posant et impétueux adjudant-général, dont l’air martial, le grand cœur, lebeau génie, relèvent, soutiennent, séduisent l’esprit des troupes, dont l’infa-tigable activité pourvoit à tous les travaux de défense, à toutes les mesures,à tous les expédients. C’est Merlin de Thionville le conventionnel, quipartage les dangers des soldats, les travaux des chefs, encourage la résis-tance et représente dans les murs de Mayence toute l’énergique dignité de larépublique. Ce sont les soldats eux-mêmes, dont le pourage avait tellementgrandi, que lorsqu’on leur ouvrit les portes de cette ville, où ilsenduraient lesplus rudes privations, pour les ramener dans leur patrie, ils refusèrent d’obéirà leur chef. « Singulier exemple de l’esprit de corps qui s’établit sur un point,et de l’attachement qui se forme pour un lieu qu’on a défendu quelquesmois! (1)» Et que de traits de courage et de dévouement dans cette armée deMayence, que de faits individuels que le défaut d’espace nous empêche deconsigner ici ! Entourés de batteries qui couvraient la place de feux, on vit dessoldats se jeter à la nage, aller couper les câbles des bateaux ennemis pourdétruire les batteries flottantes. On en vit un amener à la nage un bateauchargé de quatre-vingts soldats qui furent faits prisonniers.

Cependant la garnison résistait. Elle manquait de vivres, elle manquait demunitions, et elle ne songeait pas à se rendre. Il y avait trois mois qu’ellen’avait reçu de nouvelles de la France , elle était perdue pour ainsi dire,abandonnée au milieu des ennemis, et elle ne voulait pas se rendre. Elleespérait, chaque matin, voir reparaître sur la rive gauche du Rhin le drapeautricolore, à l’auréole magique, et se réveiller aux énergiques accents de la Mar-seillaise. Chaque jour cet espoir était déçu, les drapeaux prussiens flottaientseuls dans la plaine et les échos du Rhin ne répétaient que des accents tu-desques. Tous les moyens avaient été employés pour communiquer avec laFrance , mais tous les moyens avaient été déjoués. Pensant que par lettre onsongerait à leur envoyer des nouvelles du haut Rhin en se servant de bou-teilles jetées dans le fleuve, les assiégés y plaçaient des filets qu’ils levaientchaque jour; mais rien n’arrivait. Les ennemis, qui connaissaient leur per-plexité, faisaient répandre et imprimer les bruits les plus alarmants. Tantôtc’était Dumouriez qui avait renversé la Convention et rétabli Louis XVII avecun conseil de régence, tantôt les ennemis s’étaient emparés de Paris, etc. Ces

(1) Thiers , Histoire Je la Révolution.