ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 33S
attaques de détail. Houchard, de son côté, livra l’inutile combat d’Arlon - etlorsqu’ils songèrent à opérer plus activement, Mayence avait déjà capitulé. LaConvention, mécontente de la conduite de ces deux généraux, les remplaçad’abord par Landremont’et Schawembourg ; le premier eut le commandementde l’armée du Rhin, le second celui de l’armée de Moselle . Ces deux générauxfurent à leur tour remplacés par Carlen et Moreaux, (t) puis par Pichegru etHoche , deux généraux créés par la Révolution.
Landremont s’était laissé surprendre dans le camp de Nothweiler , et, bienqu’il eût repoussé l’ennemi, il avait été destitué et remplacé par Carlen. Sim-ple capitaine un mois auparavant, cet officier avait fixé le choix des représen-tants du pquple, et avait été élevé au grade de général en chef. Vaincu à sontour, et ayant laissé enlever les lignes de Weissembourg par les Autrichiens,il fut également destitué et eut pour successeur Pichegru. Schawembourg avait perdu le combat de Pirmassens, il perdit son commandement. Moreauxl’avait remplacé; il ne tarda pas à être remplacé à son tour par le généralHoche, qu’on venait d’élever du grade d’adjudant-général à celui de généralen chef. A cette même époque, la découverte d’un complot qui devait livrerStrasbourg à Wurmser , et la disparition mystérieuse du général d’Arlandô,qui servait depuis six mois à l'armée du Rhin, avaient éveillé les soupçons etla défiance du comité de salut public. C’est là ce qui explique ces change-ments fréquents dans les généraux et même dans les officiers. Bientôt parutun décret qui excluait tous les nobles de l’armée.
Relativement aux officiers nobles, Gouvion-Saint-Cyr fait les réflexionssuivantes : « Il faut convenir que les militaires de cette classe pouvaient diffi-cilement continuer à servir dans les armées de la république, à cause desattaques auxquelles ils étaient continuellement en butte, et des persécutionsdes représentants aux armées qui étaient alors choisis parmi les députés dela Montagne, les fanatiques de l’époque. La plûpart de ces officiers servaientcependant avec zèle et fidélité, et s’ils n’étaient pas plus instruits, ils ne l’é-taient pas moins que les autres. Le mérite de la fidélité était d’autant plusgrand pour eux, qu’ils soutenaient la cause d’une révolution principalementdirigée contre leurs privilèges. 11 n’était pas juste de punir les uns des tortsqu’on avait à .reprocher aux autres, et les expulser entièrement des arméescomme on les en menaçait et comme on le fit, c’était livrer ces armées à unenouvelle désorganisation peut-être plus complète que la première ; mais alors(en 1793), comme dans tous les temps de troubles et de factions, rien nepouvait faire entendre raison aux fanatiques, soit qu’ils fussent de bonne foi,soit que leur feint patriotisme ne fût qu’un masque hypocrite pour couvrirleur domination...
« Les commissaires de la Convention adoptèrent, pour remplacer les offi-ciers renvoyés, un système absurde. Ils prirent pour base, non pas l’ancien-neté de grade, ce qui eût eu peu d’inconvénients, mais l’ancienneté de service.Ils remplacèrent des officiers dont quelques-uns étaient à la vérité douteux,
(1) L’orthographe dit assez qu’il ne s’agit pas du vainqueur de Hohenlinden .