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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
était inférieur en instruction. Le parti de la Montagne l'avait fait nommergénéral en chef; il arriva à l'armée imbu de ses principes et de toutes sesexagérations; ses manières, sa mise, le style de sa correspondance, étaientd’accord et approchaient du cynisme. Il était jeune, actif, et d’une confiancesi grande dans ses moyens, qu’il ne doutait de rien.
Pichegru sortait des instructeurs de Brienne; comme Hoche , il était unedes créatures de Carnot, qui avait apprécié sa capacité à son arrivée à Stras-bourg . Il n’avait encore vu d’ennemis que ceux qu’on apercevait avec unelunette de la rive gauche du Rhin sur les sommets des montagnes Noires. Hoche avait sur lui cet avantage, qu’il avait entendu le bruit du canon et le sifllementdes balles ; mais il était inférieur à Pichegru par le jugement et par l’instruc-tion. Pour s’en convaincre, il ne faut que lire leur correspondance et les ordresqu’ils ont donnés. Hoche était vif et souvent emporté; Pichegru était froid ettoujours maître de lui. Leur élévation subite n’excita aucune jalousie dansles hauts rangs de l’armée, où il n’y avait plus la moindre trace de jalousie.On les plaignait bien plus qu’on ne les enviait; car on les regardait commedeux victimes réservées à la guillotine (I).
Les deux armées de Rhin et Moselle furent réunies sous le commandementen chef du général Hoche après l’affaire de Kaiserlautern.
Après la prise des lignes de Weissembourg, les généraux prussiens et au-trichiens, combinant leurs mouvements, attaquèrent simultanément leslignes de la Lauter, s’emparèrent du fort Vauban, tentèrent plusieursattaques sur celui de Bitclie et bloquèrent Landau. Les deux généraux fran-çais avaient reçu l’ordre exprès de débloquer Landau et de rejeter les ennemisau delà de nos frontières. Hoche avait devant lui les Prussiens, commandéspar Brunswick, et Pichegru les Autrichiens, sous les ordres de Wurmser .Hoche, pour justifier par des succès la confiance qu’avait eue en lui le gouver-nement, s’empressa d’attaquer les ennemis à Biecastel et s’empara de la villedes Deux-Ponts. U s'était solennellement engagé à délivrer l’Alsace de l’in-vasion : pour remplir cette promesse, il conçut le hardi projet de repasseren présence de l’ennemi sur la rive droite de la Sarre, de suivre la crête desmontagnes des Vosges pour aller l’attaquer à Kaiserlautern, et descendre en-suite directement sur Landau, qui était étroitement serré. Ce plan, quidécelait la portée du talent militaire de Hoche, ne réussit qu’incomplétementpar suite de l’insuccès des deux combats de Kaiserlautern. Malgré la vigueurque le général avait montrée, les représentants du peuple lui firent un crimede l’issue de ce combat. «Que ne preniez-vous, leur dit Hoche , un arrêté quifixât.la victoire? »
Pendant que ce général se portait ainsi sur le centre des lignes prussiennes,Pichegru tentait également une attaque à Berchen, sur lecorps du prince deCondé qui formait l’extrême gauche de Brunswick, et sur le corps autrichiende Klénau qui occupait les postes voisins du camp des émigrés. Cette attaque
ii.
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