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HISTOIRE DE L’ARMÉE
réussit après deux jours de combat; mais avec un peu plus de vigueur elleeût pu devenir décisive. Toutefois les combats de Berchen obligèrent les Au-trichiens il resserrer leurs lignes et à se replier sur les retranchements enavant d'Haguenau . Dans cette nouvelle position, Hoche, qui s’était retirédans les camps de Pirmassens et des Deux-Ponts, débordait la droite deWurmser; il porta la sienne au secours de la gauche de Pichegru pour fa-ciliter l’occupation des postes les plus importants des montagnes. Ce mou-vement donna lieu à une série de combats, à Freischewiler, à Werdt, àGuis-berg, et par suite à la reprise des lignes de Weissembourg et au déblocus deLandau. Hoche avait tenu parole : la frontière de l’Alsace était délivrée, etle Palatinat envahi une seconde fois par nos armées. C’est le 27 décembre1793 que nos soldats entrèrent dans Landau, où ils furent reçus par leurscamarades et par les habitants de la ville avec l'enthousiasme qu’inspiraientalors les mots de patrie et de liberté.
La nouvelle de la réprise des lignes de Weissembourg arriva à Paris presqueen même temps que celle de la prise de Toulon et y produisit une grande joie.Lyon était déjà rendu à la république, la guerre vendéenne était énergique-ment combattue ; encore un effort, et elle était étouffée à jamais ; encore unevictoire, aux Pyrénées et aux Alpes , et la république était complétemerittriomphante.
Siège de Toulon (T793).— L’insurrection vendéenne avait éclaté la pre-mière contre le nouveau gouvernement. Les levées d’hommes et d’impôts, laviolence imposée aux usages et aux croyances de ces populations, aux mœursprimitives, avaient servi de cause à cette guerre civile qui mit la républiqueà deux doigts de sa perte. De simples paysans d’abord s’étaient mis à la tête desVendéens et leur avaient imprimé un mouvement qui s’était étendu à toutesles populations de l’Ouest. La Convention, croyant pouvoir éteindre facilementcette révolte, commit la faute d’y envoyer dès le début des bataillons de gardesnationaux nouvellement mobilisés, et qui, ne marchant qu’à contre cœur,étaient peu propres à éteindre une telle insurrection. Les Vendéens eurentquelques succès; ces succès, grossis par la rumeur publique, agrandirent lefoyer de l’insurrection ; leurs rangs se grossirent en peu de temps d’une foulede paysans conduits par des prêtres au nom de la religion. Bientôt les chefsdu parti royaliste vinrent se mettre à leur tôte ; les puissances européennes,l’Angleterre surtout, soutinrent, encouragèrent les efforts des Vendéens, etcette Jacquerie prit toutes les proportions d’une grande guerre. Nous passe-rons sous silence les événements militaires qui eurent lieu dans la Vendée ;car bien qu’il en soit sorti de glorieuses réputations, bien que de beaux traitsde courage, de désintéressement et d'humanité aient été souvent signalésdans les deux partis, n’oublions point que la gloire est ici tachée de sangfrançais, et jetons un voile sur les déplorables excès qui marquèrent cettelutte.
L’insurrection des départements du Midi eut une autre cause : la chute desgirondins et la marche violente que prenait le gouvernement sous la direc-