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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

tion des jacobins furent le signal de la révolte; mais cette révolte manquaitd’unité. Les populations du Midi, plus éclairées que celles delà Vendée , étaientdivisées d’opinion; elles ne s’engageaient que difficilement dans la guerrecivile. Les principaux foyers de l’insurrection furent Lyon, Marseille, Bordeaux et Toulon. Lyon fut pris après un siège vigoureux ; Marseille et Bordeaux résistèrent peu ; mais Toulon, qui avait été livré aux Anglais , fit une longueet plus sérieuse résistance.

C’est en ce moment que la république eut réellement quatorze armées surpied (1).

Toulon venait d’être mis hors la loi, c’est-à-dire désigné aux fureurs desjacobins. La prise de Marseille et la terreur qui précédait la marche de l’ar-mée républicaine engagèrent le parti royaliste à livrer la ville aux Anglais .L’amiral comte de Trogoff et l’infâme baron d’Imbert furent les agents decette odieuse trahison nationale. Qu’on se figure la joie que causa à Londres la dépêche de l’amiral Noth, annonçant que l’opulente ville de Toulon , avecses forts, sa rade, ses trente-deux vaisseaux pavoisés et prêts à prendre la mer,ses arsenaux les plus riches du monde, venait d’êlre livrée à l’Angleterre.Qu’on juge de l’indignation du gouvernement français quand cette triste nou-velle arriva à Paris, grossie par cent échos sinistres. Toulon appartenait auxAnglais , leur flotte sillonnait en souveraine les bassins de la Méditerranée, cegrand lac que le malheureux Louis XVI rêvait de rendre à jamais français ,portant sur tout le littoral la consternation et l’effroi.

L’ordre de reprendre Toulon , à tout prix, fut donné au général Cartaux, quivenait de disperser l’armée fédéraliste et de s’emparer de Marseille . Cartaux,peintre obscur à Paris , avait été nommé adjudant dans un bataillon de la ca-pitale. Son enthousiasme bruyant, ses ardentes convictions républicaines

(1) Nous avons fait connaître la destination des onze premières, voici celles des troisautres :

12° armée, ou armée du Midi, devant Toulon , constituée par les représentants Albitto, Fré-ron, Escudier, Barras, Gasparin, Roubaux et Pomme, le 5 septembre 1793, par la réunion desdivisions des Alpes et d’Italie ; Cartaux, général en chef.

13° armée, formée de la garnison de Mayence forte encore de dix-huit mille hommes. Ledécret de bien mérité de la patrie du 4 août 1793, lui donne ce nom d’armée qu’elle conserve.Elle arrive à Nantes les 6, 7, 8 septembre 1793. Aubert Dubayet.

14” armée, formée le 8 septembre 1793, de trente-cinq mille hommes des trois bataillonsde la première réquisition, rassemblés en un camp entre Ham et Lafère . Commandant enchef: le général Bélair. Cette armée est une réservé de l’armée du Nord.

Au 6 octobre, il n’y avait plus que treize armées. Au l' r janvier 1794, douze. Au 15 avril1794, onze. A la fin de 1794, onze armées et dix généraux en chef. Au 3 mars 1794, dix armées.Au 16 octobre 1795, neuf. Au 6 janvier 1796, sept. Au 1 er novembre 1796, six. 9 février1797, cinq. 2 octobre 1797, trois. Quatre en décembre 1797. Trois en janvier 1798. Quatre enmars 1799. En mars 1800, quelques mois après la révolution de brumaire, et avant Marengo,six armées.

Ces variations dans le nombre des armées proviennent du plus ou moins de concentrationdes troupes sous un seul et même général en chef, car le chiffre des combattants n’a faitqu’accroître pendant les cinq premières années des guerres de la révolution.