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Tome second.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

avaient attiré l’attention des députés de la Montagne, qui lui confièrent uncommandement dans l'armée du Midi, et le nommèrent le même jour généralde brigade et général de division. Mais Cartaux, heureux dans son coup demain contre les fédéralistes, était incapable de diriger une armée. Il fut rem-placé par le général Doppet, médecin savoyard , qui, comme son prédécesseur,avait été improvisé général par les représentants du peuple. Doppet était mi-litairement aussi ignorant que Cartaux, mais il était plus lâche. Il fut destituéà son tour ; et la Convention comprit enfin la nécessité de donner le comman-dement en chef de cette armée à un militaire instruit. Elle désigna Dugorn-mier, officier créole et chevalier de Saint-Louis. Dugommier, à l’é-poque de la Révolution, avait été nommé commandant de la garde nationalede l’îlo de la Martinique , puis député de cette île à la Convention. En 1793, ilpréféra la carrière des armes. Militaire capable, instruit, intrépide, il ramenala confiance dans cette armée nouvellement organisée, et où commençaitdéjà à imposer l’autorité de son génie, un jeune homme de vingt-quatre ans,commandant en chef l’artillerie du siège (I). Dugommier comprit la por-tée du génie de l’officier de Brienne, et s’éclaira de ses conseils. Dès lors lesiège prit une marche régulière. Jusqu’ici on s’était borné à envahir Toulon par une simple ligne d’observation. Cependant les ordres de la Conventiondevenaient de plus en plus impératifs: II fallait rendre Toulon à la France ! Lesplans du Comité se succédaient; mais tous ces plans tracés à Paris , et sansnotions exactes sur l’état des lieux, entraînaient, pour l’exécution, des len-teurs et des hésitations. Bonaparte proposa un nouveau plan : un conseilfut réuni sous la présidence de Gasparin, représentant du peuple, hommesage, éclairé, et qui avait servi. On y lut les instructions envoyées de Paris ;elles indiquaient en grand détail toutes les opérations à faire pour se ren-dre maître de Toulon par un siège en règle. On y lut également le plan deBonaparte .

« Le commandant d’artillerie, qui, depuis un mois, avait reconnu exacte-ment le terrain, qui en connaissait parfaitement tous les détails, proposa leplan d’attaque auquel on dut Toulon . Il regardait toutes les propositions ducomité des fortifications comme inutiles d’après les circonstances où l’on setrouvait: il pensait qu’un siège en règle n’était pas nécessaire. En effet, ensupposant qu’il y eût un emplacement tel, qu’en y plaçant quinze à vingtmortiers, trente à quarante pièces de canon et des grils à boulets rouges,l’on pût battre tous les points de la petite et de la grande rade, il était évi-dent que l’escadre combinée abandonnerait ces rades, et dès lors la garnisonserait bloquée, ne pouvant communiquer avec l’escadre qui serait dans lahaute mer. Dans cette hypothèse, le commandant d’artillerie mettait en prin-cipe que les coalisés préféreraient retirer la garnison, brûler les vaisseauxfrançais , les établissements, plutôt que de laisser dans la place 15 à

(1) Les trois représentants du peuple, Albitte, Gasparin et Salicetti , qui se trouvaient enmission à l’armée du Midi, avaient déjà tellement apprécié les qualités du jeune chef de ba-taillon, qu’ils lui proposèrent le commandement en chef de l’armée, que Bonaparte refusa.