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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 341

20,000 hommes qui, tôt ou tard, seraient pris sans pouvoir alors rien dé-truire, afin de se ménager une capitulation.

« Enfin, il déclara que ce n’était pas contre la place qu’il fallait marcher,mais bien à la position supposée; que cette position existait à l’extrémité dupromontoire de Balagnier et de l’Eguillette ; que, depuis un mois qu’il avaitreconnu ce point, il l’avait indiqué au général en chef, en lui disant qu’enl’occupant avec trois bataillons il aurait Toulon en quatre jours; que depuisce temps les Anglais en avaient si bien senti l’importance, qu’ils y avaientdébarqué 4,000 hommes, avaient coupé tous les bois qui couronnaient lepromontoire du Caire qui domine toute la position, et avaient employétoutes les ressources de Toulon , les forçats même, pour s’y retrancher; ilsen avaient fait, ainsi qu’ils l’appelaient, un Petit-Gibraltar ; que ce qui pou-vait être occupé sans combat, il y a un mois, exigeait actuellement une at-taque sérieuse; qu’il ne fallait point en risquer une de vive force, mais éta-blir en batterie des pièces de vingt-quatre et des mortiers, afin de briser lesépaulements, qui étaient en bois, rompre les palissades et couvrir de bombesl'intérieur du fort; qu’alors, après un feu très-vif pendant quarante-huitheures, des troupes d’élite s’empareraient de l’ouvrage; que deux jours aprèsla prise de ce fort Toulon serait à la république. »

Ce plan, longuement discuté, fut enfin adopté. En conséquence, l'arméeresta divisée en deux corps : celui de l’est, commandé par le général Lapoype,s’établit au village de Lavalette; celui de l’ouest, sous les ordres de Dugom-mier, s’établit entre la plage de Faubregas et le banc de Quatre-Heures. Onfit fermer par une ligne de circonvallation les riches vallées situées entre lescollines de Piecagas, des Arènes de Gaux et de la Goubran, afin de prévenirles sorties de la garnison. Bonaparte fit en outre établir sur la colline desArènes une batterie de six pièces de vingt-quatre, qui commença à tirercontre le fort Malbousquet. La prise de ces hauteurs inquiéta les alliés; ilsfirent une sortie (30 novembre), et une colonne de cinq à six mille Anglais passa la Las, se divisa ensuite en deux corps, dont l’un attaqua la colline,l’autre les positions environnantes. Le premier s’empara de la batterie, dont ilencloua les pièces, tandis que l’autre se dirigeait par le chemin d'Ollioules surle parc de siège. Dugommier, accouru aux premiers coups de fusil, rallia lesfuyards et retarda la marche de cette dernière colonne. Renforcé bientôt pard’autres troupes, il prit à son tour l’offensive et a'ttaqua les assiégés encoreétablis dans la position des Arènes. Ce retour offensif, auquel ils étaient loin des’attendre, les déconcerta; ils firent une molle résistance, et furent ramenésen désordre sur la Las. Le général en chef O’hara, arrivé la veille de Londres ,fut blessé et fait prisonnier.

L’issue de ce combat ranima l’ardeur des troupes républicaines et donnaune nouvelle activité aux travaux du siège. Pendant ce temps, le général enchef, secondé par Bonaparte , son chef d’artillerie, et Marescot, commandantle génie, reconnaissait la batterie anglaise dite le Petit-Gibraltar, considéréedans le plan du jeune chef de bataillon d’artillerie comme la clef de la petite