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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
ment les forts des Pommets, de Saint-Antoine, de Saint-André, de Malbous-quet, le camp de Sainl-Éleux et le fort de Lamalgue, aux lueurs de l’incendiede nos vaisseaux et au milieu des cris de désespoir et d’indignation dupeuple de Toulon . Exemple funeste du sort qui frappe tôt ou tard les citésassez imprudentes pour remettre à des étrangers les destinées de leur pa-trie.
Nous trouvons à ce sujet quelques détails curieux et peu connus dans lesmémoires d’un membre du comité insurrectionnel de Marseille , réfugié àToulon (I) :
a Vers minuit, un bruit sourd et lugubre et les lueurs d’un vaste incendieannoncèrent à l’armée républicaine le départ des Français . Les tourbillons deflammes et de fumée, dit Napoléon, en retraçant la peinture de cet effroyable
(1) « Chaque vaisseau de l’escadre anglaise fut successivement stationné dans le port Royal,dont nul autre n'avait l’accès. On voyait bien qu’il était posté devant les magasins de la ma-rine; mais en dire la cause autrement que par conjecture aurait été une témérité, car dès lors,et jusqu’à l’évacuation qui suivit de près cette manœuvre, l’entrée de l’arsenal fut interdite,non-seulement aux Français, mais même aux Napolitains, aux Piémontaiset aux Espagnols .— Tous les vaisseaux de l’escadre anglaise eurent ainsi leur tour. »
Les Anglais s’occupaient à vider nos magasins et à enlever à leur profit tout ce qui étaitsusceptible d’être emporté. Le jour qui précéda l’évacuation, le réfugié marseillais, ayant euconnaissance d’un bruit vague qui le faisait craindre, se présenta chez le commandant anglais pour lui témoigner les inquiétudes de la poptdation toulonnaise :
« Je ne pus pas, dit-il, pénétrer jusqu'au gouverneur. Un secrétaire insolent répondit à lademande impérieuse que je lui fis de nous rendre nos armes, que le lendemain on s'en occu-perait, mais que nous pouvions être tranquilles et qu'il y aurait une capitulation... Je mecalmai, je me retirai... Une heure après il n’y avait plus une âme au gouvernement. Tandique le secrétaire parlementait avec moi, S. Exc. faisait ses malles, ses ballots, ayant soin d’em-porter au moins ce qui était à elle. Une heure après, je le répète, elle était sur son bordà l’abri de tout événement. — Monseigneur prit cependant deux précautions qu’il serait très-injuste d’omettre. — Les portes du gouvernement furent soignement fermées; mais des lu-mières éclairant encore quelques appartements annonçaient que monseigneur veillait au salutde la ville, et la garde ordinaire à sa porte défendait d’approcher, sous prétexte que S. Exc.reposait... — Première précaution... Voici la seconde : — Vers minuit, une force, armée con-sidérable parcourut au flambeau toute la ville, en commençant par le port, où elle ne laissapas un seul être vivant, et elle publia une proclamation par laquelle monseigneur le gouver-neur (déjà embarqué) rassurait les habitants, démentait les bruits qui les avaient alarmés,protestait que les Toulonnais ne seraient point abandonnés, ordonnait que fous les citoyensrentrassent dans leurs foyers, garantissait leur sûreté et défendait de rien apporter sur leport. A mesure que cette proclamation se faisait dans un quartier, des sentinelles étaientplacées pour empêcher toute circulation et pour forcer les citoyens à rentrer ou à rester chezeux. »
Le lendemain, et quand il ne resta plus aucun doute sur l’évacuation de Toulon , les naviresespagnols s’empressèrent de recevoir à leur bord les Toulonnais fugitifs. Les Anglais refusè-rent de les recueillir. Voici leur excuse, dit notre réfugié :
« L’Angleterre se vante d’avoirmne marine la plus puissante de l’univers; mais ce que l'u-nivers ne savait pas alors, c’est que, le 18 décembre 1793, la position de cette marine qui sortitde Toulon était relativement la plus riche. Chacun de ses bâtiments avait tant de voiluresde rechange, tant d’agrès de rechange et de toute espèce, qu’il leur restait trop peu de placepour céder au premier cri de leur humanité. »