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Tome second.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

rêta victorieusement une attaque générale du roi de Sardaigne , fit échouer lesprojets du général Dewins, dans le Var , repoussa vigoureusement les enne-mis aux combats de Gillette, d’Utelle, de Castel-Ginette, où se révéla une desgrandes renommées de la république, le général Masséna . Ainsi la campagnede 1793 en Italie , qui avait commencé par des revers, se termina avec gloire.

Armée des Pyrénées (1793). Le roi d’Espagne , en entrant dans la coalition,n'avait eu d’autre but que d’arracher le malheureux Louis XVI à l’échafaud.

Il avait offert deux fois sa neutralité au gouvernement républicain, sous lacondition que la vie du roi serait respectée. La Convention repoussa avec dé-dain les ouvertures du roi d’Espagne. Charles IV en fut profondément blessé,et l’Espagne tout entière partagea sa douleur et son indignation, quand onapprit que la tête de l’aîné des Bourbons venait d’être jetée à l’Europe comme un gage de combat. Dans toutes les provinces on fit un appel auxarmes ; les villes environnèrent leurs armoiries d’un crêpe ; les prêtres lan-cèrent du haut de la chaire l’excommunication et l’anathème contre les Fran-çais , et de toutes parts on se prépara à une croisade contre les régicides. LaConvention, cependant, n’avait pas attendu les effets de ces menaces; elleavait déclaré la guerre au roi d'Espagne , Bourbon de naissance, pour avoir té-moigné de l'intérêt au chef de la famille des Bourbons.

Danton , en proposant cette mesure extrême, s’était écrié à la tribune : Lesvainqueurs de Jemmapes retrouveront, pour exterminer tous les rois de l’Europe ,les forces qui les leur ont déjà fait vaincre.

On se prépara à la guerre de part et d’autre. L’armée espagnole, qui seporta vers les Pyrénées , était forte de 40,000 hommes. Elle était divisée entrois corps qui devaient agir aux deux extrémités orientale et occidentaledes Pyrénées . Le premier, sous le commandement du général don AntonioRiccardos, avait ordre d’envahir le Roussillon. Le deuxième, commandé par lelieutenant général don Ventura Caro, devait opérer en Navarre et dans leGuipuscoa . Le troisième, aux ordres du prince Castel-Franco, était chargéde la défense du centre de la ligne et de la garde des passages des Pyrénées qui couvrent l’Aragon.

L’armée française des Pyrénées , au moment de son entrée en campagne,présentait à peine un effectif de 23,000 hommes dispersés dans les départe-ments qui avoisinaient les monts d’Espagne , et dans un délabrement complet:Servan, l’ancien ministre de la guerre, les commandait. C’est avec peine qu’ilavait pu réunir 8,000 hommes sous les murs de Perpignan et autant sous lesmurs de Bayonne . 11 est vrai qu’on comptait sur le patriotisme des volontairesnationaux auxquels on venait de faire un nouvel appel, et sur le contingentde la levée de 300,000 hommes.

Avant de rappeler les opérations qui eurent lieu sur cette partie de nosfrontières, nous croyons utile de faire connaître la composition des deuxarmées (l).

(1) Le régiment formé par le duc de l’Infantado se composa de trois bataillons réunissous le nom de volontaires de Castille ; le duc n’y admit que les fils de propriétaires pris