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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. Ul

L’armêe espagnole , à part quelques vieux régiments, était en partie forméedes volontaires de Castille, des moines espagnols , qui tous avaient pris les armespour obéir à.un sentiment d’orgueil national, et qui, par conséquent, étaientde fort mauvais soldats. Il y avait aussi dans cette armée un corps d’émi-grés, désigné sous le nom de légion royale des Pyrénées . -L’armée française , indépendamment des corps dont nous avons donné letableau, comptait un assez grand nombre de corps francs, connus sousle nom de miquelets; c’étaient la plupart de robustes montagnards ou dehardis contrebandiers, habitués à gravir les rochers escarpés des Pyrénées dont ils connaissaient les passages les plus secrets. Ces hommes déterminés etentreprenants rendirent les plus grands services à nos généraux. Suspendusaux flancs des rochers, silencieux comme le bandit des Alpes ou le klepte dela Thessalie, le fusil en arrêt, l’oreille attentive, ils attendaient le passage descolonnes espagnoles au pas lent et méthodique pour les surprendre sur un

dans ses États ( Estados ). Il les équipa, les arma, leur donna des canons de campagne, et lespaya jusqu’à la première revue qui fut passée par le roi. Il prit ensuite le commandement et futblessé en combattant à la tête du régiment. Les volontaires de Castille furent, après la guerreet en récompense de leur conduite, compris au nombre des régiments de milice nationale,et le duc de l’Infanlado cessa d’en être propriétaire ; néanmoins il continua à payer les pen-sions qu’il avait faites aux blessés et aux veuves et parents de ceux qui étaient morts dans lacampagne des Pyrénées .

Ce fut l’évêque de Sarragosse qui offrit d'armer les moines. Il comptait trouver facilementparmi eux 40,000 hommes de bonne volonté et capables d’endurer les fatigues de la guerre.Son offre, comme nous l’avons dit, ne fut point acceptée; mais on accueillit pour le servicedes hôpitaux tous les membres des corps religieux qui se présentèrent. D’après ce que rap-portent les écrivains qui se sont occupés de cette guerre, au milieu du désordre général et del’état de dénûment où se trouvaient la plupart des administrations espagnoles, l'administiationdes hôpitaux faisait exception ; elle était montée avec un luxe qui faisait honneur à l’huma-nité du gouvernement de Madrid .

La formation de la légion royale des Pyrénées , composée d’émigrés, reçut plus d’extensionqu’on ne se l’était d’abord proposé. Comme les généraux espagnols , différant en cela de con-duite avec les généraux anglais, prenaient possession des places françaises au nom du roiLouis XVII et installaient partout des administrations françaises royalistes, un grand nombred’émigrés se présentèrent pour servir en qualité de volontaires à l’armée de Catalogne . D’aprèsle premier plan, tous devaient être incorporés dans la légion royale, mais le général Riccardosvoulut utiliser à son avantage ceux qui passaient de son côté : il y organisa en conséquencedeux corps dont l’un reçut le nom de bataillon de Wallespir et l’autre fut appelé légion de lareine. — La légion royale des Pyrénées fut envoyée en Navarre et de là dans le Guipttscoa ;elle se composait de 4,000 hommes et avait pour chef un seigneur français , le marquis deSaint-Simon, grand d’Espagne de première classe, qui jouissait d’une réputation militaire ac-quise par de brillants services dans la guerre d’Amérique , où il s’était distingué, notammentau siège d’Yorktown en Virginie Les deux corps réunis à l’armée de Catalogne ne se com-posaient que de 3,000 hommes. — Le nombre total des émigrés qui prirent part à cetteguerre fut donc de 7,000.

Il exista encore à cette époque une autre légion des Pyrénées ; mais celle-ci, formée desvolontaires et des miquelets français du Roussillon, était républicaine; elle se signala enmaintes occasions et avait pour chef le brave colonel Pérignon, devenu l’année suivantegénéral en chef de l’armée des Pyrénées orientales, et plus tard mar échal de l’Empire.