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HISTOIRE DE L’ARMÉE
point difficile; ou bien ils se précipitaient sur les arrière-gardes qu’ils égor-geaient sans merci; sur les convois qu’ils pillaient; ils servaient encore àéclairer la marche de nos troupes. Quelques-uns de nos guerriers célèbressont sortis de leurs rangs, et un de leurs chefs, Pérignon, est devenu maré-chal d’Empire. Les miquelels français se couvrirent de gloire dans les Pyrénées .
L’armée française fut divisée en deux corps : celle des Pyrénées orientales fut mise sous les ordres du général Fiers, et celle des Pyrénées occidentalessous les ordres du général Servan. Suivons d’abord les opérations de l’arméedes Pyrénées orientales.
Le général espagnol Riccardos devait, ainsi que nous l’avons dit, envahirle Roussillon. Ce général, qui ne manquait ni d’habileté ni de courage, avait,comme tous les guerriers espagnols, le défaut d’étre trop prudent.—Il agitsur ce point comme avaient agi au nord les autres généraux de la coalition.Sa circonspection sauva nos armées de grands désastres et la république degrands dangers. Les premières rencontres nous furent funestes. Riccardoss’empara de Céret, des Bains, de Prat, de Mollo et de Bellegarde , et battit lesFrançais dans plusieurs rencontres. Il aurait pu alors s’emparer de Perpignan ;il hésita, et cette ville fut sauvée. Le vigoureux combat de Mas-de-Serres, oùles Français furent vainqueurs, ranima le moral des troupes républicaines;mais la trahison du commandant de Villefranche , en livrant cette place, litperdre les avantages de cet obstiné et glorieux combat. De Fiers fut destituéet mis en jugement. Son successeur, le général Barbantane, homme faible etignorant, ne commit que des fautes, et ne marqua son commandement quepar des revers. Les Espagnols firent alors de rapides progrès sur nos fron-tières : ils passèrent la Tet, s’emparèrent de Peyrestortes et de tous les postessur la Gly . Barbantane fut destitué à son tour et remplacé par le vieux géné-ral Dagobert, qui, à l’âge de soixante-quinze ans, n’avait pas craint d’accepterun commandement actif, et qui montra des talents supérieurs dans la guerredes montagnes.
Les représentants du peuple, auxquels la Convention avait demandé unevictoire, résolurent, avant l’arrivée de Dagobert, de reprendre aux Espagnolsle camp de Peyrestortes. Cette audacieuse entreprise réussit, grâce à l’énergiequ’ils déployèrent, et fut célébrée comme une grande victoire.
Dagobert, après avoir étudié la position des ennemis, ordonna une bataillesur toute la ligne. Mal secondé par les généraux divisionnaires qui comman-daient les deux ailes, il dut se retirer après avoir obtenu avec le centre unsuccès décisif. C’est dans cette belle retraite qu’un bataillon de l’ancien régi-ment de Vermandois, se voyant cerné par les Espagnols et sommé de se rendre,crut devoir se concilier l’affection des vainqueurs, par les cris deirôe le roi!Cette lâcheté indigna le brave et chevaleresque Dagobert. Oubliant la posi-tion critique où il se trouvait lui-même, il s’arrêta, fit tourner ses piècescontre ce bataillon et le mitrailla. Cet acte d’audacieuse sévérité, exécutéainsi sous le feu des ennemis pendant une retraite, leur imposa tellement,que le vieux général put se retirer sans être inquiété. La perte de la bataille