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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

de Truillas coûtait trois mille hommes à l’armée française . Dagobert fut des-titué et renvoyé dans la Cerdagne , où il commandait auparavant un campretranché. Il se vengea de cette disgrâce en s’emparant de Campredon et enmenaçant l’Aragon. D’Aoust, qui lui succéda, était bien inférieur à Dagobertsous le rapport de la capacité militaire et de l’audace ; il ne pouvait conserverson commandement. Après trois attaques infructeuses sur le camp de Boulou,il résigna ses fondions. Turreau le remplaça ; il ne fut pas plus heureux, etDoppet, destitué à Toulon , qui vint à son tour prendre le commandement enchef, acheva de compléter les désastres de l’armée des Pyrénées orientales,qui, à la fin de la campagne, c'est-à-dire vers les derniers jours de décembre,fut forcée de se replier sous le canon de Perpignan , où elle prit ses quartiersd’hiver.

Armée des Pyrénées occidentales. — Les opérations de cette armée ne furentpas plus heureuses pour les Français pendant cette campagne, ni plus déci-sives pour les Espagnols .

D’après le plan tracé à Madrid , le général don Ventura Caro devait se tenirsur la défensive pendant les opérations du général Riccardos, et couvrir laligne de frontières qui s’étend de la pointe de Fontarabie aux confins de laNavarre, c’est-à-dire environ trente lieues de pays coupés par plusieurs dé-bouchés peu praticables. Son armée était de vingt-deux mille hommes; l’ar-mée républicaine en comptait huit mille à peine. Le général espagnol profitade sa supériorité numérique pour enlever les postes les plus importants oc-cupés par les Français , mais sans dépasser la ligne de frontières qu’on luiavait tracée. Au reste, toute la campagne se résuma en combats d’avant-postes. Trois généraux commandèrent successivement les troupes républi-caines : l’ancien ministre Servan, qui fut destitué au moment où il prenaitles plus sages dispositions pour l’offensive. Il fut remplacé par Delbecq, vieuxgénéral, qui mourut par suite des fatigues de cette guerre, et qui était peupropre à donner de l’élan à nos volontaires nationaux. Le général Desprez-Crassier, ancien officier, bon général, homme .d’énergie, prit à son tour lecommandement; il s’était distingué pendant les premières guerres de la ré-publique : deux combats malheureux entraînèrent sa disgrâce. Il fallait desvictoires à la république : on ne conservait le commandement qu’à ce prix.Muller, un des défenseurs de Mayence, fut désigné à sa place. C’était un of-ficier instruit, actif et très-brave; mais il dut se borner, vu l’insuffisance deses troupes, à quelques affaires de détail et quelques excursions dans lesvallées de Roncal et du Bastan. A la fin de la campagne, les positions étaientà peu près les mêmes dans les deux armées; on n’avait rien fait de décisif.Cependant les Français étaient parvenus à se rapprocher de la Bidassoa et às’établir sur les hauteurs de Sainte-Anne, qui furent fortifiées et qu’on sur-nomma le camp des sans-culottes.

Cette armée des Pyrénées occidentales, qui n’avait point encore eu l’occasionde se signaler, était cependant une des meilleures de la république. Là, ser-vait le célèbre Latour-d’Auvergne, ce descendant de Turenne, qui, sous l’é-