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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
Telle fut la campagne de 1793. Elle présente, dit le général Jomini , auxméditations des généraux et des hommes d’État des combinaisons d’un ordresupérieur et d’utiles leçons. Les militaires se convaincront, par les écarts deDumouriez , qu’il n’est point de succès durables à la guerre quand on violeles principes. Les hommes-d'Etat apprendront, par le singulier rôle des coa-lisés, que, dans les guerres d’opinions, il faut aller rapidement au but dèsqu’on en trouve l’occasion. La troisième époque de cette guerre fut le véri-table réveil du lion. Les fonctionnaires, appelés à diriger le peuple, y puise-ront des exemples de combinaisons à suivre et d'excès à éviter. Les repré-sentants du peuple près des armées, toujours plus exagérés qu’habiles, fuientsouvent la cause de sanglants revers; mais sans leur présence, sans leurénergie, l’intervalle du mois d’avril au mois de novembre eût été signalépar de plus grands désastres; et si leur énergie appliquée au but de sauverla patrie fut parfois criminelle, il faut convenir qu’un tel crime commanderatoujours une sorte de respect à la postérité. Enfin la campagne à jamaiscélèbre de -1793 sera un monument de gloire éternelle pour la république etpour ses armées.
Une grande fête nationale fut donnée aux quatorze armées françaises , etchacune d’elles y envoya des représentants chargés de trophées pris aux en-nemis. Quel enthousiasme de telles fêtes devaient imprimer à la nation ! quela France alors était grande et fiére ! Les canons de l’Europe coalisée gron-daient encore sur nos frontières ; mais leurs échos ne dépassaient plus, aunord, les rives de ce Rhin allemand qui vit s’épanouir si souvent le pomponrouge de nos grenadiers; au midi, ils se perdaient au milieu des rochers desAlpes et des Pyrénées . Les troubles de l’intérieur expiraient dans les bocagesde la Vendée ; et si le terrible gouvernement conventionnel faisait encoreverser le sang sur l’échafaud, chacun sentait instinctivement que cette vio-lente réaction allait finir; que la liberté allait sortir de ce chaos, noble,belle et pure, comme aux plus beaux jours d’Athènes et de Rome .
Campagne de 1794. —Nous voici arrivés à l’époque la plus glorieuse de nosannales militaires. Les prodiges accomplis dans les deux campagnes de 1792et 1793 avaient surpris et étonné l’Europe . L’énergique désespoir du gouver-nement républicain, l’enthousiasme de la nation, l’ardeur héroïque de nos ba-taillons de volontaires, l’imperturbable sang-froid de ce comité de salut pu-blic au milieu des plus grands dangers, des revers inouïs, suivis de succès plusinouïs encore, tout cela présentait en effet un étrange et sublime spectacle.
Il faut remonter aux plus beaux jours de la république de Rome pour trouverun point de comparaison dans l’histoire; encore, tout est-il à l’avantage de laFrance dans ce parallèle. Rome, après la bataille de Cannes , fut, elle aussi,menacée d une destruction prochaine, et elle ne désespéra point de son salut.Animés du plus ardent amour de la patrie, les citoyens jurèrent de périr jus-qu’au dernier plutôt que de subir le joug de l’insolent Carthaginois. Ce su-blime dévouement sauva la ville éternelle; mais alors tous les citpyens étaientanimés du même esprit et secondaient de tous leurs efforts les efforts du gou-