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Tome second.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

vernement : aucune province de Rome , ne levait l’étendard de la révolte, et lahache deslicteurs ne se promenait pointsanglante etterrible au milieu du forum.La France , au contraire, agitée à l’intérieur, ébranlée au dehors, environnéed’ennemis puissants, sans armées, sans ressources, avec un gouvernementnouveau, qui ne pouvait s’établir que par des moyens violents et des mesuresextrêmes, avec des lois nouvelles, eut à triompher de dangers plus grandsencore, et sortit de la lutte avec plus de gloire que la république romaine.Aussi est-ce avec un noble orgueil patriotique qu’on relit les grandes etbelles pages de cette période de notre histoire ; aussi est-ce avec un senti-ment d’admiration mêlé d’étonnement qu’on suit la marche de ce gouverne-ment conventionnel, qui couvre la France d’échafauds, la remplit de deuil àl’intérieur, et de gloire au dehors; qui, au nom de la mort, ordonne lavictoire à ses généraux, l’héroïsme à ses armées, au nom de la patrie,et qui voit sans cesse aux généraux suppliciés succéder de nouveaux gé-néraux , prêts à verser leur sang l’épée à la main pu sur l’échafaud,aux soldats morts sous les drapeaux succéder de nouveaux soldats prêtsà mourir avec le même dévouement. Non, les annales d’aucun peuple n’of-frent point de spectacle plus étrange et plus grandiose. A mesure que lestemps s’éloigneront, ce spectacle paraîtra plus grand encore aux yeux dela postérité. Maintenant la scène change : la France était menacée par l’Eu-rope entière, elle menace l’Europe à son tour; elle avait des armées sans ha-bitudes de guerre, sans discipline, en deux ans ses armées sont devenues lesplus belles du monde, habituées aux longues marches, aux privations, auxgrandes manœuvres des champs de bataille. Ses généraux avaient vieillidans les routines de guerre du système prussien ; de nouveaux générauxsont sortis des rangs du peuple, tels que Jourdan, Hoche, Pichegru , Moreau,Kléber, Marceau, Macdonald, Gouvion Saint-Cyr , Pêrïgnon, Moncey, et lejacobin Bonaparte, ami de Robespierre . Les troubles de l’intérieur sont cal-més, et nos soldats sont en armes au haut des Alpes, au sommet des Pyré-nées, sur la Sambre et le Rhin . Bientôt, suivant le vaste plan de guerre tracépar Carnot, les grandes armées du Nord et de Sambre-et-Meuse vont s’ébran-ler. Pichegru va sur les glaces du Zuiderzée ouvrir à nos bataillons les portesde l’opulente cité d’Amsterdam , qui avait résisté aux grandes armées deLouis XIV , conduites par Turenne et par Condé; Jourdan signera le bulletinde la grande journée de Fleurus; Pérignon et Moncey iront planter le dra-peau tricolore sur les murs de Bilbao et de Victoria, dans cette riche pro-vince de Guipuscoa , et les échos des Sierras de la Vieille-Castille porterontau loin dans l’Espagne la terreur du nom français. Sur les Alpes , Kellermanncouvrira de ses bataillons les sommets inaccesibles du mont Blanc . Partoutenfin nos victoires se répandront d’un bout de la France à l’autre.

Les armées de l’Europe coalisée étaient nombreuses, et leur plan tracé àLondres était d’agir au nord sur la position centrale de Landrecies pour seporter ensuite, par Guise et Laon, sur Paris . A cet effet, les alliés avaient réunides forces considérables : le duc de Saxe-Teschen, chargé de la défense de la