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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 355

l’ennemi. Pendant que l’armée des Ardennes et le centre de l’armée du Nordlivraient ces combats, le corps destiné à l’invasion de la Flandre maritime com-mençait aussi ses opérations. Le général Souham , avec 30,000 hommes, s’étaitporté de Lille sur Courtray , et Moreau, qui devint la seconde réputation mili-taire de l’Europe , avec 20,000 hommes, avait manœuvré sur les deux rives de laLys et s’était présenté devant Menin . Le général autrichien Clairfayt, en appre-nant ce mouvement, se dirigea en toute hâte vers Tournay , afin de menacerles communications du corps de Souham avec Lille . Cette marche donna lieuau combat de Moilcron (29 avril) où les ennemis furent culbutés, et laissèrentun grand nombre de morts sur le champ de bataille, et 1,200 prisonniers et30 pièces de canon aux mains de la cavalerie française. Le combat fut suivi dela prise de Menin par Moreau (1). Pichegru , voyant le succès obtenu dans laWest-Elandrc, résolut d’opérer sur les deux ailes de l’armée ennemie. Enconséquence, il fit renforcer l’armée des Ardennes commandée par le généralCharbonnier, et lui prescrivit d’agir vigoureusement. Les alliés, ayant devinéles intentions de Pichegru , manœuvrèrent pour en paralyser l’effet. Clairfayt,malgré l’échec éprouvé à Moucron, fit de nouveaux efforts pour s’emparer deCourtray . Un combat sanglant eut lieu sous les murs de cette ville, maissans succès décisif : on y perdit 700 hommes de part et d’autre; Clairfayt futobligé de se replier sur Tliielt. Pendant ce temps, la grande armée des alliésse mettait en mouvement pour se porter sur le terrain où Pichegru avaitvoulu l’attirer. Un conseil de guerre avait été tenu à Tournay en présence del’empereur d’Autriche et du généralissime prince de Cobourg , et on y avaitdressé un nouveau plan de campagne connu sous le nom de plan de destruc-tion. D’après le calcul des généraux alliés, cette armée, s’étant imprudemmentavancée entre Menin et Courtray , pouvait être aisément coupée de ses com-munications avec Lille et acculée vers la mer. Un corps de 120,000 hommesallait en attaquer un de 50,000, et le forcer à combattre, la mer à dos, dansune position où le moindre revers devait causer sa ruine. Mais ce plan, si simpleet si bien compris par les alliés dans le conseil de guerre de Tournay , fut heu-reusement fort mal exécuté. Au lieu d’agir avec une forte masse sur les pointsdécisifs de Bondue, Nouveaux et Roubaix , les alliés résolurent de se porterconcentriquement et en six colonnes sur la position de Turcoing , afin d’yarriver le 17 mai et d’y attaquer l’armée française qu’ils supposaient devoirl ! y attendre complaisamment dans son camp. Ces six colonnes se mirent en effeten mouvement vers le point indiqué; mais les généraux Moreau et Souham , en

(1) Les soldats français étaient animés d’une telle ardeur, au début de cette campagne, qu’àpeine arrivés sous les murs de Menin , ils demandaient à grands cris qu’on les conduisit à l’assaut.Le général Moreau leur fit observer, par l’organe du général Vandamme, que la profondeurdes fossés et la hauteur des remparts, qui n’éiaient point encore battus en brèche, ne lui per-mettaient point de céder à leur ardeur. Quelques compagnies de grenadiers insistèrent : Laissez-nous commencer l’attaque, disaient-ils à leur général; nos corps serviront de fascines pourcombler les fossés, et nos camarades escaladeront les remparts. On conçoit que Moreau per-sista dans son refus. Mais que ne devait-il pas espérer avec de tels soldats!