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Tome second.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

Charleroi , et tout devait céder aux désirs du fougueux proconsul. H fit tenterjusqu’à cinq fois le passage de la Sambre en face des forces ennemies. Dans cescombats meurtriers et sans cesse renouvelés, l’armée perdit l’élite de ses sol-dats, sans obtenir de résultat décisif, jusqu’à ce que Jourdan, nommé généralen chef de cette armée, vint en prendre le commandement et lui donna lenom d’armée de Sambre-et-Meuse. Jourdan, tout en cédant à l’impétueuseimpulsion de Saint-Just, lui opposa l’autorité de ses talents et ses succès. L’ar-mée de Sambre-et-Meuse venait d’être portée à 90,000 hommes, en y compre-nant un corps de 15,000 hommes chargés, sous les ordres de Scbérer, degarder la Sambre, de Maubeuge à Thuise.

Avec des forces aussi considérables, Jourdan devait entreprendre une actiondécisive. Il fallait une victoire aussi éclatante que celle de Turcoing à cettearmée nouvellement formée. En conséquence, il fit presser le siège de Char-leroi et tenta de forcer le passage de la Sambre. Charleroi capitula après unlong siège, et la victoire de Fleurus répondit à celle de Turcoing. Le prince deCobourg , qui avait tenté de délivrer cette ville, arriva au moment où ellevenait de capituler. Il espérait effacer cet échec par une victoire, et il vint pré-senter la bataille aux Français . Jourdan, supposant aux ennemis des forcessupérieures, jugea prudent de les attendre dans ses lignes de Charleroi àFleurus , sur le même champ de bataille où, un siècle auparavant, une autrecoalition avait été brisée par l’épée des généraux de Louis XIV , et où, vingt etun ans après, Napoléon devait tracer la dernière page victorieuse de sa longuecarrière de gloire.

Une position demi-circulaire, dit Jomini , propre à couvrir le siège d’uneplace, est peu convenable pour recevoir bataille; celle-ci semblait d’autant plusdangereuse qu’elle avait un mur à dos, et que, son développement n’étant pasmoindre de dix lieues, elle offrait tous les inconvénients d’une ligne parallèlea la Sambre, si les alliés faisaient un effort vigoureux contre une de ses extré-mités. Mais le défaut de temps d’un côté, et les avantages qu’on se promettaitd’un retranchement de l’autre, empêchèrent de la rectifier. « La prise deCharleroi , rendant la division Hatry disponible, Jourdan la plaça en réserve àRansart, et fit renforcer sa gauche parla brigade Daurier que Schérer consentità détacher à cet effet. Son intention était aussi de resserrer sa ligne et de portersa gauche derrière le Piéton, en abandonnant les hauteurs de Courcelles, moinsnécessaires depuis que Charleroi assurait un point de retraite au centre. Mais,n’ayant pas eu le temps de faire lever les pontons qui étaient sur la Sambre nid’abriter le parc de réserve qui se trouvait à Montigny, il laissa la divisionMontaigu sur les hauteurs de Courcelles, avec l’instruction d’opérer sa retraiteen deux colonnes, sur Lernes et le pont de Marchiennes ; puis il établit Kléberen réserve sur le plateau de Jumel. »

Pendant que Jourdan arrêtait ainsi ses dispositions défensives, le prince deCobourg , suivant son système, formait cinq corps d’attaque subdivisés en neufcolonnes, qui, disposées sur un demi-cercle extérieur, devaient nécessairementprésenter moins d’ensemble et de force que la ligne française. L’intention du