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Tome second.
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ET DE TOUSSES RÉGIMENTS. 359

prince de Cobourg était d’attaquer l’armée française sur tous les points à la fois.Depuis des siècles on faisait consister l’art de la guerre à attaquer une partie dufront ennemi avec la plus grande partie des forces. Ce principe, César, Végèce et Folard l’avaient développé largement. Mais, depuis les guerres de la révolu-tion, on semblait avoir pris à tâche d’opérer contre les règles, car il est évi-dent qu’un corps de 80,000 hommes qui en attaque un de 100,000 met plus dechances en sa faveur en réduisant la moitié de cette armée à l’inaction qu’encherchant à embrasser toute la ligne de bataille, comme le Ht le prince deCobourg .

L’action commença le 26 juin à la pointe du jour et s’engagea sur une lignede près de dix lieues en même temps. Chaque colonne livra pour ainsi dire uncombat particulier avec des résultats divers. Chez les Impériaux, le jeune etbrillant prince d’Orange, l’archiduc Charles, qui commençait là sa glorieusecarrière des combats, l’intrépide et habile Clairfayt, Beaulieu et Kaunitz , tirentoublier par des faits d’armes remarquables l’erreur de leur général en chef.Du côté des Français , Kléber, Championnet, Lefebvre, Marceau, Dubois, Mayeret Hatry déployèrent la plus intelligente intrépidité. Le défaut d’ensemble dansles attaques des alliés les fit échouer presque toutes. Cependant la droite desFrançais , sous les ordres de Marceau, avait été culbutée de l’autre côté de laSambre; la gauche, sous le général Montaigu, avait presque repassé entière-ment cette rivière et quitté le champ de bataille, et une partie du centre avaitété forcée de prendre position en arrière de la ligne primitive. Mais le coupd’œil de Jourdan et l’excellent parti qu’il tira des divisions Lefebvre, Cham-pionnet, Kléber et Daurier, qui furent les plus vigoureusement engagées, for-cèrent le prince de Cobourg à ordonner la retraite, alors que l’action étaitencore indécise. D’ailleurs, le but de la bataille était manqué. Charleroi étaitpris, Cobourg aima mieux, dit-il, se retirer que de sacrifier encore dix millehommes peut-être pour s’emparer d’une bicoque. Telle fut la bataille deFleurus dont on exagéra alors l’importance, mais dont les résultats furentimmenses. L’élite des troupes alliées avait subi un nouvel et plus sanglantéchec dans une action toute de détail et de tactique, nos jeunes généraux s’é-taient montrés égaux, sinon supérieurs, aux généraux ennemis, et nos troupesavaient fait merveille. La conquête de la Belgique en fut la conséquence im-médiate. La France se trouva ainsi délivrée de la présence des troupes en-nemies. Nos frontières de Flandre furent assurées de la paix pour plus de vingtans, et la guerre fut dès lors portée sur le sol étranger. Les deux armées deSambre-et-Meuse et du Nord se réunirent à Bruxelles quelques jours après.

Les alliés, démoralisés par la série de revers qu’ils venaient d’éprouver, n’a-girent plus que mollement. La mésintelligence qui régnait entre les deuxchefs s’accrut encore par les critiques réciproques qu’ils s’adressèrent, et lesempêcha de s’opposer à la marche de l’armée victorieuse. Ils abandonnèrentla Belgique .

La réunion des deux armées du Nord et de Sambre-et-Meuse permettait eneffet à nos généraux d'obtenir de grands résultats, et il n’est pas douteux qu’ils