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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS,affirmative, il 11 e craignit pas de s’y exposer avec toute son armée. C’est ainsiqu’il s’empara de l'ile de Bominel, tandis qu’une de ses divisions forçait la lignede Breda et s’emparait de Grave. Ces succès ayant porté la dissension dans l’ar-mée anglo-hollandaise, le duc d'York se retira, abandonnant son commande-ment au général Walmodcn. Le prince d’Orange voulait couvrir Amsterdam ,Walmodcn voulait se concentrer sur le Walial entre Saint-André et Nimègue ,et, ne pouvant s’entendre, ils se séparèrent. Dicliegru, profitant de ces dissen-sions, s’apprêtait à pénétrer jusqu’à Amsterdam .

Voici quelle était alors la position de l’armée du Nord, prête à passer leWalial aux premières gelées. La division Moreau tenait la ligne depuis Xanten jusqu’au fort de Sclienck, à l’ancienne séparation du bras du Rhin ; celle deSouham , commandée par Macdonald, stationnait de Millengen à Thiel, entrela Meuse et le Wahal. L’île Bommel était gardée par le centre; Breda étaitbloqué du côté de Gertruidenberg par Bonneau, et du côté de Berg-op-Zompar Lemaire.

Cependant les eaux du fleuve se condensaient de plus en plus; le 8 janvier,elles étaient assez solides pour donner passage à l’artillerie, et l’armée fran-çaise franchit le Wahal sur ses trois points, Bommel, Thiel et Millengen. Undégel qui survint subitement le 12 janvier faillit compromettre le sort de cettearmée et sauver la Hollande; heureusement que le 14 le froid reparut avecplus d’intensité, et nos soldats continuèrent leur marche vers Amsterdam .Utrecht fut prise le 17 janvier. Cette ville, célèbre dans nos fastes militaires etdiplomatiques, fut la dernière ville dont Louis XIV s’empara dans la campagnede 1672. Gorcum, la plus forte place de l’Europe et le quartier général duprince d’Orange, fut investie, et le 20 janvier, le général Pichegru , accom-pagné des représentants Bellegarde, Lacoste et Joubert, fit son entrée dansAmsterdam au milieu des cris d’admiration et d’enthousiasme de la populationhollandaise.

Pichegru prit possession de la ville au nom de la république française. Nossoldats furent reçus en libérateurs par le peuple, qui faisait retentir l’air descris de vive la liberté! vive la nation française!

L’armée française se répandit comme un torrent dans la Hollande, et chassasuccessivement les Anglais de toutes les positions qu’ils y occupaient. La villede Gertruidenberg fut prise; le Biesbos fut franchi ; Dordrecht tomba au pou-voir des républicains, ainsi que l’opulente et belle cité de Rotterdam ; La Haye fut occupée par une division française. Mais un fait inconnu à la guerre fut laprise de la flotte du Texel par une avant-garde de cavalerie légère. Celte troupeavait été envoyée vers le Nord-Hollande avec ordre de traverser le Texel, lors-qu’elle aperçut la flotte à l’ancre dans ses eaux glacées. Aussitôt nos hussardss’élancèrent au galop sur la glace, arrivèrent aux vaisseaux, qu’ils sommèrentde se rendre. Ceux-ci, dans une immobilité qui aurait rendu peu redoutable lejeu de leurs batteries, cédèrent sans la moindre opposition, et nos cavaliers,dans ce fait d’armes merveilleux, prirent plus de canons qu’ils n’étaient decombattants.

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