ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 363
du Rhin et débloquer Landau. Après ces opérations, l’armée de la Moselle avaitquitté les bords de la Speyerbach, repassé les Vosges , et s’était rapprochée dela Moselle. L’armée du Rhin s’était établie sur la ligne de la Speyerbach , de-puis Neustadt jusqu’à Rehutte. La droite, aux ordres de Desaix, s’appuyait auRliin vers Schefferstadt; la gauche assurait la communication avec l’armée dela Moselle. Hoche avait été disgracié malgré ses victoires et remplacé dansson commandement de l’armée de la Moselle par Jourdan, qui, à son tour,fut appelé sur la Sambre, où il devait remporter la bataille de Fleurus , eteut peur successeur le général Moreaux, une des médiocrités militaires de larépublique. A l’armée du Rhin, Pichegru avait été remplacé par le généralMichaud, homme d’un grand caractère, mais peu instruit, comme presquetous les généraux de cette époque. Les opérations de l’armée de la Mosellecommencèrent au mois d’avril. Jourdan fit un mouvement en avant de Longwy pour couper les communications de Namur et de Liège avec Luxembourg ,et prescrivit au général Hatry de s’emparer d’Arlon . 16,000 hommes, sous lesordres de Reaulieu, défendaient cette forte position. Les Français y échouèrentmalgré la plus vive attaque, et furent obligés de se replier sur Bubange.
L’armée du Rhin ne fut attaquée que vers le mois de mai. Le maréchalMôellendorfT, qui commandait l’armée saxo-prussienne, fit un mouvement dontle résultat devait être de chasser les Français du Palatinat et du duché desDeux-Ponts . En conséquence, il tomba sur le corps de Desaix à Schefferstadt,en même temps qu’il faisait attaquer les positions de Neustadt et de Musbach;mais, après un combat de trois heures, les ennemis furent repoussés. Le ma-réchal MôellendorfT fit alors attaquer Kayserlaustern, qui fut enlevée. L’arméedu Rhin dut alors abandonner la ligne de la Speyerbach et se replier sur laQuiech. Ce mouvement rétrograde obligea l’armée de la Moselle à se retireraussi sur Bliecastel et Hornbach, c’est-à-dire dans les mêmes positions qu’elleoccupait à la fin de 1793.
MôelIendcrrfF, qui aurait pu poursuivre son avantage, s’arrêta subitementsur les crêtes des Vosges, et laissa les deux armées françaises s’établir tran-quillement dans leur nouvelle ligne. La Prusse, qui était entrée une se-conde fois et malgré elle dans la coalition, n’attendait que l’occasion favo-rable pour s’en retirer. C’est là ce qui explique l’inaction du maréchalprussien. Ainsi, pendant deux mois, les quatre armées réunies dans le Pa-latinat restèrent en repos; mais les succès obtenus en Belgique par les ar-mées du Nord et de Sambre-et-Meuse décidèrent la convention à reprendrel’offensive sur le Rhin . Le plan arrêté par Carnot prescrivait aux deux géné-raux eû chef d’enlever la ligne de la Speyerbach en s’emparant du sommetdes Vosges . Les opérations auxquelles donna lieu ce plan de campagne réussi-rent complètement. Moreau et Michaud s’emparèrent de Trêves et de Kayser-laustern. En ce moment, le général Clairfayt se trouvait rejeté au delà duRhin par Jourdan. Sa retraite changea les affaires entre le Rhin et la Moselle .Les deux armées françaises purent opérer leur jonction pour assiéger Mayence et se développer sur toute la ligne, depuis Bâle jusqu’à Wesel . L’aile gauche