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Tome second.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

pas ajourné l’exécution, et même s’il ne l’eût ensuite rejeté entièrement, ensorte qu’une partie de la saison se passa en combats semblables à ceux quise livraient depuis trois ans sur ces stériles rochers des Alpes . • Après lapaix de Bade et la suspension d’armes aux Pyrénées , Kellermann reçut l’ordrede reprendre l’offensive et de porter la guerre jusque dans les États hérédi-taires de l’Autriche ; mais, par une inconséquence dont on ne s’explique pas lacause, les armées des Alpes et d’Italie furent encore séparées : Kellermannreçut le commandement de celle des Alpes et eut pour successeur le généralSchérer à l’armée d’Italie . C’était une disgrâce qui frappait Kellermann. Il n’enaccepta pas moins le commandement secondaire, et, avec une abnégation toutepatriotique, concourut de tous ses efforts aux succès de son collègue. La vic-toire de Loano termina glorieusement la campagne à l’armée d’Italie et la re-tira de la position critique où elle se trouvait. Les Autrichiens y perdirent en-viron 7,000 hommes, dont 5,000 prisonniers, plus de 80 pièces de canon etd’immenses magasins de vivres et de munitions de guerre de tout genre. Cesuccès ouvrit aux Français les portes de l’Italie . Schérer n’en sut pas tirer parti.Il jugea néanmoins tout ce que cette armée pourrait faire dans la campagnesuivante. Le peu d’élévation de l’Apennin , sa température moyenne, le voisi-nage de la mer, le rapprochement de la crête principale entre Finale et Gênes ,tout lui montrait que c’était par là qu’il fallait pénétrer en Piémont et séparerles Autrichiens des Piémontais. Nous verrons bientôt comment Bonaparte s’ac-quitta de cette mission.

Pyrénées-Orientales (1795). — Pérignon, après s’être emparé de Figuières,fit immédiatement commencer le siège de la ville de Roses , située dans le golfede ce nom, et l’une des plus fortes villes de guerre des Pyrénées . Roses avaitune garnison de 4,800 hommes; une Hotte espagnole de 13 vaisseaux mouillaitdans la baie et pourvoyait aux approvisionnements. Les travaux du siège com-mencèrent au milieu de l’hiver le plus rigoureux. Pérignon, qui avait jugé quela ville ne pouvait être prise que par des actes de vigueur, résolut de s’emparerdu fort delà Trinité qui domine la ville. Il fallait pour cela établir une batterie surle sommet d’une montagne élevée de 2,000 toises au-dessus du niveau de la mer.Les ingénieurs lui objectèrent que la chose était impossible. C’est l'impossibleque je veux, répondit-il, et on se mit à l’ouvrage. L’infatigable ardeur des tra-vailleurs parvint en moins de six jours à tailler sur le flanc de la montagne unchemin de trois lieues presque perpendiculaire. L’artillerie y fut portée à brasou traînée à prolonge. Le froid devint si vif, que plusieurs sentinelles furenttrouvées gelées. Les travaux n’en continuèrent pas moins. Enfin, le 23 décem-bre, trois batteries furent établies sur le plateau, et, le 1 er janvier, le feu du fortde la Trinité cessa tout à fait. La brèche était praticable, Pérignon ordonnal’assaut. La garnison effrayée évacua le fort au moyen d’échelles de cordes, etles Français s’en emparèrent. De là on commença à ouvrir, contre la ville etcontre la flotte, un feu non interrompu. Pérignon, le général des entreprisesaudacieuses, résolut de donner l’assaut à la ville et fit préparer 3,000 échelles.Le gouverneur, épouvanté, se retira en toute hâte sur la flotte, laissant 300