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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
hommes de troupes qui furent faits prisonniers. Ce siège extraordinaire, en-trepris et exécuté au milieu d’un hiver rigoureux, avait duré soixante-dixjours.
Ainsi l’armée des Pyrénées-Orientales était maîtresse du Lampourdan et dedeux excellentes places; elle était animée du meilleur esprit, et n’avait devantelle qu’une armée démoralisée et affaiblie par le feu, la misère et les déser-tions. Le général Pérignon résolut donc de s’emparer du nord de la Catalogne ;mais la ligne de défense des Espagnols était encore forte, et la cour de Madrid faisait des efforts inouïs pour arrêter les Français sur cette partie de ses États;elle dirigeait incessamment des renforts vers l’armée des Pyrénées-Orientales.Plusieurs combats furent livrés sur la Fluvia, mais sans résultats décisifs. Lapaix qui fut signée à Bâle les fit cesser. Les armées française et espagnole occu-paient à peu près les mêmes positions qu’au commencement de la campagne.
Armée des Pyrénées-Occidentales (1793). — Les opérations avaient été plusdécisives à l’armée des Pyrénées-Occidentales. Moncey, qui avait été forcé dese replier sur Saint-Sébastien à la fin de la campagne précédente, résolut, auxpremiers jours du printemps, de s’emparer de toute la Biscaye et des provincesbasques. Cependant son armée avait éprouvé les dernières rigueurs de lamisère pendant les trois mois qui venaient de s’écouler. A peine entrée dansses quartiers d’hiver, une maladie épidémique éclata parmi les troupes : cefléau devint bientôt si violent, que les hôpitaux en furent encombrés. Plus de30,000 hommes furent atteints parmi les soldats et les habitants. Des villagesentiers furent dépeuplés, et on ne trouvait plus à la fin ni chirurgiens ni infir-miers pour le service des ambulances et des hôpitaux. La famine vint ajouterà ce désastre. Les habitants des villages occupés par nos soldats manquaientde pain depuis longtemps et ne se nourrissaient que de pommes de terre. Lepain fut également suspendu aux troupes et remplacé par du riz. C’est danscette circonstance que cette armée des Pyrénées-Occidentales se montra admi-rable de résignation et de constance.
La garnison de Saint-Sébastien , notamment, qui manquait de tout et souventne savait comment se procurer les subsistances du jour, ne donna pas un seulexemple d’indiscipline et respecta la défense faite de toucher aux provisionsdes habitants, quoique celles-ci fussent assez abondantes pour que les mar-chands de comestibles eussent leurs boutiques garnies de pain blanc et frais.
C’est avec cette armée, si rudement éprouvée par la faim et les maladies,que Moncey avait résolu de reprendre la Biscaye . En effet, après une campa-gne de trois mois, dans laquelle il livra vingt combats au moins, tous heureuxpour les armes françaises, il entra à Yittoria le 17 juillet et y établit son quar-tier général. Déjà il poussait des détachements sur l’Èbre , et allait pénétrerdans la vieille Castille, quand la signature de la paix arrêta sa marche victo-rieuse.
Quatre puissances, la Prusse, la Toscane, la Hollande et l’Espagne , venaientde déposer les armes et de reconnaître la république française.
Ainsi se termina la campagne de 1793. —Les victoires de l’armée d’Italie , le