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HISTOIRE DE L’ARMÉE
passage du Rhin, la prise de Luxembourg, les succès des Pyrénées suivis de lapaix avec l'Espagne, la destruction des dernières années royalistes à Quiberon ,en sont les événements principaux.
Campagne de 1796. — Un gouvernement nouveau, le Directoire , venait deremplacer la Convention. Cette étrange et forte assemblée avait accompli sonœuvre. Une ère nouvelle commençait pour la république. Son existence 11 epouvait plus être mise en doute : la puissante épée qui avait reculé jusqu’auRhin et jusqu’aux Alpes les frontières du territoire français pesait d’un poidstrop formidable dans la balance des délibérations diplomatiques de l’Europe . LaHollande lui prêtait l’appui de sa llotte; les Bourbons d’Espagne , ces ardentspromoteurs de la coalition, venaient de conclure un traité d’alliance offensiveet défensive qui rappelait le pacte de famille, chef-d’œuvre de la diplomatiemonarchique, et si l’Autriche poussait encore sur le Rhin 200,000 combattants,c’était plutôt pour la défense de ses propres États que pour une œuvre de con-quête contre la France ; si l’Angleterre avait ravagé ses colonies et détruit samarine, l’Angleterre tremblait à son tour eu voyant groupés ensemble lestrois pavillons d’Espagne, de Hollande et de France formant cent vaisseaux dehaut bord.
Le gouvernement conventionnel, qui avait accompli une telle œuvre, livraitdonc une rude tâche au gouvernement directorial qui lui succédait; car ils’agissait de maintenir la république au rang où il l’avait placée; il s’agissaitd’affermir l’œuvre révolutionnaire, et ce n’était pas chose facile. La violenteimpulsion donnée à l’État par le gouvernement de la terreur avait épuisé lesressources. Les confiscations, le maximum et les réquisitions, qui avaientfait la force du comité de salut public, n’étaient plus possibles avec le gou-vernement nouveau. Il ne lui restait pour ressource financière que les biensnationaux gaspillés et sans valeur. Les assignats étaient complètement dé-préciés; les impôts présentaient un arriéré de 1,300 millions de numéraire.Tous les services administratifs étaient compromis par les embarras du trésor.Les armées manquaient de tout. La cavalerie et l’artillerie n’avaient plus dechevaux; l’infanterie, épuisée par la misère, désertait en masse. Il fallait ar-rêter ces désordres, faire rejoindre les réquisitionnâmes, compléter les régimentsdes différentes armes, pourvoir tous les ports, rétablir la marine, asseoir denouveaux impôts, en assurer la perception, et pour cela il fallait lutter con-tre la moitié de la nation et réduire l’autre au désespoir. Les débuts du Direc-toire ne furent pas heureux sous ce rapport. Cependant ce nouveau gouver-nement venait d’être établi au bruit des salves de l’artillerie qui célébrait lavictoire de Loano, victoire qui compensait, aux yeux de l’Europe , les succèsdes Autrichiens sur le Rhin .
Revenons aux armées de Sambre-et-Meuse et de Rhin-et-Moselle que nousavons laissées dans les casernements de Hundsruch et derrière la Quiech, parsuite de l’armistice signé entre Pichegru et Clairfayt. Cet armistice dura cinqmois. Jourdan continuait à commander l’armée de Sambre-et-Meuse, Moreaucelle du Rhin . Chez les Autrichiens, l’archiduc Charles avait remplacé Clair-