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HISTOIRE DE L’ARMÉE
un cheval sans cavalier, et bien qu’il eût le bras ouvert jusqu’à l’os d’un coupde sabre; il parvint enfin à couper la retraite au régiment de Jerdis et le forçail mettre bas les armes. L’armée tout entière applaudit à la nomination de Ri-chepanse, et le Directoire s’empressa de la confirmer. Les Autrichiens avaientperdu 1,500 hommes tués, 1,800 prisonniers, 12 pièces de canon et 3 dra-peaux.
Le duc de Wurtemberg se retira en toute bâte vers la Lalm; Jourdan se portasur Limbourg pour y passer le fleuve; il y arriva le 15, mais il retarda de deuxjours l’exécution de son projet, et ces deux jours lui firent perdre le fruit de lacampagne. L’archiduc Charles, au premier bruit de la défaite du duc de Wur-temberg, accourut en toute bâte vers ce point avec des forces considérables.Jourdan fut obligé de se replier, ne voulant point risquer les chances d’unebataille. Il repassa le Rhin à Neuwied . Kléber, de son côté, se retira surDusseldorf , après avoir perdu le combat d’Ekerath. Ainsi l’armée de Sambre-et-Meuse se retrouvait encore une fois à son point de départ. Mais, en attirantsur lui les forces de l’archiduc, Jourdan avait facilité les opérations de Moreausur le haut Rhin .
En effet, ce général avait profité de l’éloignement du prince autrichien pourforcer le passage du Rhin à Kehl et menacer la ligne du Danube . L’archiduc,après avoir repoussé Jourdan, revint en toute bâte à l’armée du Haut-Rhin. Ilavait cet avantage sur les deux généraux français , qu’il avait le commandementen chef et unique, et qu’il pouvait disposer à son gré de toutes ses forces,tandis que Jourdan et Moreau, trop éloignés pour combiner leurs opérations,étaient forcés d’obéir à des instructions venues de Paris . Or, d’après ses in-structions, Jourdan, au lieu de concentrer ses forces sur le Rhin et de lier sesmouvements avec ceux de Moreau, comme on l’avait résolu dans le principe,avait eu ordre de s’éloigner du Rhin et de se porter sur la haute Lalm, où ildevait livrer bataille aux ennemis, les rejeter sur Ratisbonne ou la Bohême, etempêcher la réunion des forces ennemies. Moreau, au contraire, devait agirsur la ligne du Danube .
Cette marche excentrique imprimée aux deux armées fut cause de la stéri-lité des résultats obtenus pendant cette campagne et des désastres qui la suivi-rent.
Après le départ de l’archiduc, Jourdan repassa le Rhin à Neuwied , s’em-para de Rhunkel, força le passage de la Lalm, et se rendit maître de Francfort ,le 16 juillet, après le sanglant combat de Friedberg. Ici encore le vice du plande bataille empêcha Jourdan de tirer parti des avantages qu’il venait d’obtenir,Il fallait alors manœuvrer pour se réunir à Moreau, en se portant rapidementà Rottembourg, parMargueslieim, voie la plus courte; séparer le corps d’arméeautrichien du général Wartensleben de celui du prince Charles; laisser uneforte division pour compléter l’envahissement de Mayence sur les deux rivesdu Rhin , et pour assurer les communications de l’armée sur les derrières. Lapremière partie de ce plan ne fut pas suivie. Jourdan, fidèle au système deCarnot, de déborder à la fois les deux ailes de l’ennemi, s’avança par la rive