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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
mée d’Italie est la plus célèbre de toutes celles de la république par les combinai-sons stratégiques et les événements inouïs qui s’accomplirent au delà des Alpes ;elle fixera éternellement l’attention des capitaines et des hommes d’Étatet l’ad-miration de la postérité. Depuis la victoire de Loano qui avait ouvert à l’arméed’Italie les deux routes de Gênes et de Turin , le gouvernement avait étudiéavec soin la question d’une invasion en Italie . Carnot avait fouillé les archivesde la guerre, consulté les cartons de Louis XIV , examiné les plans du maréchalde Maillebois dans son expédition du Milanais, et enfin relu attentivement ceuxque Bonaparte , général d’artillerie, avait tracés lui-même dans la campagnede 1794, et ce grand homme de guerre avait compris la portée d’une telle expé-dition. Les plans qu’il traça lui-même au commencement de cette campagne,dans sa correspondance avec Bonaparte , demeureront comme des monumentsde nos archives historiques.
La composition de l’armée d'Italie elle-même avait fixé son attention,formée, ainsi que nous l’avons dit, des premiers contingents, de bataillonsde volontaires du Midi et des réquisitionnâmes de 1793, tous chauds patriotes,tous ardents d’imagination, tous aventureux comme les hommes que brûle lesoleil; commandée par des chefs du même pays tels que Masséna, Cervoni,Murat, Lannes, etc., intrépides aventuriers pleins du génie de la guerre, avidesde dangers, de gloire et de richesses, cette armée était merveilleusementpropre aux entreprises les plus hardies. Elle ressemblait à beaucoup d’égardsà ces bandes de condottieri du moyen-âge, reîtres ou lansquenets qui réglaientles destinées de l’Europe par leur épée, obéissaient au chef le plus intrépide,suivaient le plus aventureux, et revenaient de leurs longues expéditions richesdes dépouilles de l’Italie et de l’Allemagne . L’histoire des guerres du moyenâge est tout entière l’histoire de ces hommes, et le théâtre où l’armée républi-caine de 1796 va commencer sa nouvelle carrière est tout plein du souvenirde ces héroïques aventuriers.
Depuis cinq ans, cette armée d’Italie s’épuisait en efforts stériles sur lesroches des Alpes ; les dangers, les souffrances, la misère, n’avaient point éteintson enthousiasme républicain ; les soldats s’étaient au contraire passionnés pources montagnes où chaque rocher avait été marqué pour eux par un combat, etoù ils avaient enduré les plus rudes privations. Ils s’étaient habitués à cette viede pillage (1), d’aventures, de combats quotidiens, et aucun d’eux ne songeaità se plaindre de ce que la république laissait l’armée manquer de subsistances,de solde et de vêtemens. Point de discipline, du reste, mais une sorte de fra-ternité d’opinions et de langage qui liait. Point de tenue, des vêtements enlambeaux, des pantalons en guenilles, des chapeaux mouillés, usés, dé-chirés, remplacés souvent par un vieux mouchoir; des chaussures en tressesde paille, comme à l’armée du Nord, ou en lisière, comme les chasseurs des