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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

liberté étaient seuls capables de souffrir ce que vous avez souffert. Grâces vousen soient rendues, soldats!.

« Mais, soldats, vous n’avez rien fait, puisqu’il vous reste à faire. Ni Turin ,

ni Milan , ne sont à vous.On dit qu’il en est parmi vous dont le courage

mollit, et qui préféreraient retourner sur le sommet de l’Apennin et des Alpes ?

Non, je ne puis le croire.Les vainqueurs de Montenotte, de Millesimo , de

Dégo, de Mondovi, brûlent de porter au loin la gloire du peuple français ! »

Ayant ainsi remonté le moral des troupes, et leur ayant fait entrevoir lesgrandes destinées qui s’ouvraient devant elles, il s’apprêta à pénétrer dans laLombardie . Déjà, en traversant les hauteurs de Monte-Zemoto pour arriver àCéva, l’armée avait vu ces riches plaines de la terre promise. 11 avait dit à sessoldats ces mots qui expliquèrent à tous le but de la campagne : Annibal avaitfranchi les Alpes , nous les avons tournées.

« Quand ces nouvelles, ces drapeaux, ces proclamations arrivèrent coup surcoup à Paris, dit M. Thiers , la joie fut extrême. Le premier jour, c’était unevictoire qui ouvrait l’Apennin et donnait dix mille prisonniers; le second jour,c’était une victoire plus décisive, qui séparait les Piémontais des Autrichiens etdonnait 6,000 prisonniers. Les jours suivants apportaient de nouveaux succès :la destruction de l’armée piémontaise à Mondovi, la soumission du Piémont àCherasco et la certitude d’une paix prochaine qui en présageait d’autres. Larapidité des succès, le nombre des prisonniers, dépassaient tout ce qu’on avaitencore vu. Le langage de ces proclamations rappelait l’antiquité et étonnaitles esprits. On se demandait de toutes parts quel était ce jeune général dont lenom, connu de quelques appréciateurs et inconnu de la France , éclatait pourla première fois. On ne le prononçait pas encore bien, et on se disait avec joieque la république voyait s’élever tous les jours de nouveaux talents pour l'il-lustrer et la défendre. Les Conseils décidèrent par trois fois que l’armée d’Italie avait bien mérité de la patrie. »

Bonaparte avait profondément étudié l’histoire de l'Italie , la situation poli-tique des gouvernements qui la composent et les mœurs des populations. Il sa-vait que les idées démocratiques de la France y avaient pénétré, que toutesles imaginations s’étaient enflammées au mot d’indépendance italienne, quetous les cœurs avaient battu à l’idée d’un gouvernement unique, républicainou monarchique, mais italien . Quelle contrée est en effet plus admirablementsituée pour être grande, forte et unie, que cette Italie si étrangement divisée:une population de vingt millions d'habitants, composée de nobles, de bourgeois,d'artistes, d’agriculteurs, parlant la même langue, ayant les mêmes mœurs,un sol fécond, des côtes baignées par les flots de la Méditerranée et de l’Adria-tique , de grands ports, des villes magnifiques, un passé tout rempli des grandssouvenirs de l’antiquité, tout resplendissant des merveilles de l'art moderne,et, par-dessus tout, un ardent désir de nationalité? Bonaparte devait donc,comme en Hollande, faire un appel au patriotisme de la nation, et séparer toutd’abord l’esprit italien de l’esprit allemand . Mais il fallait pour cela être aussiprofond politique que grand capitaine : le jeune vainqueur de Dégo se montra