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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
Vérone , est surpris d’entendre la fusillade sur ce point. Il ne peut comprendreque les Français se soient jetés dans les marais. Il ordonne à deux divisions des’y porter. Les généraux français les laissent s’engager, puis Masséna fond tètebaissée sur la division de Provcra qui s’est avancée sur la digue de gauche, etAugereau sur celle de Metrouski qui a suivi la digue de droite. Ces deuxdivisions sont culbutées, rejetées dans les marais et perdent un grand nombred’hommes. Augereau veut poursuivre ses succès et déboucher dans la plainepar le pont jeté à Arcole sur l’Al pou; mais le pont est fortement occupé, etla rive opposée est couverte de tirailleurs. Il prend un drapeau et se porteen avant; ses soldats le suivent, mais les Autrichiens font un feu d'enfer;ses troupes sont ramenées. Plusieurs généraux sont blessés, et entre autresLannes, Bon et Verdier. Bonaparte , en voyant le combat se prolonger, craintde voir échapper le fruit de ses combinaisons; il veut tomber sur les der-rières d’Alvinzi et détruire son armée d’un seul coup; mais il s’agit de forcerpromptement le passage à Arcole. Il se porte au galop sur ce point, descend decheval, saisit un drapeau et harangue les soldats, leur rappelle le pont de Lodiet marche en avant. Une partie de la colonne seulement le suit. Il avance, sondrapeau à la inain au milieu des balles et de la mitraille. Les généraux l’entou-rent. Lannes, blessé deux fois au commencement de l’attaque, a voulu lesuivre; il reçoit une troisième blessure à ses côtés; le général Vignolles estblessé; le colonel Muiron , son aide-de-camp, est tué en le couvrant de soncorps. Tous les coups portent sur cette colonne profonde et serrée; cependantelle continue d’avancer : encore un effort, et le pont est franchi. Une nouvelledécharge à mitraille l’arrête et fait d’effroyables brèches dans ses rangs. Laqueue abandonne la tête. En même temps une colonne autrichienne débouchesur le pont au pas de charge et achève de la refouler. Dans ce mouvement Bo-naparte est entraîné et jeté dans les marais. Les Autrichiens le dépassent detrente pas au moins. Généraux et soldats accourent pour le délivrer. On le re-tire de la fange, on le remet à cheval et il revient à Bonco.
Pendant ce temps, le général Guyeux avait franchi l’Alpon au-dessus d’Ar-cole. Mais il était trop tard. Alvinzi, reconnaissant enfin le danger où il setrouvait, avait eu le temps de se déployer dans la plaine et de déjouer les des-seins de Bonaparte . Telle fut la première journée d’Arcole; le but du généralfrançais était manqué, quant au résultat, la destruction de l’armée d’Alvinzi;mais les avantages netaient pas moins immenses. Vérone n’était plus menacée,et l’armée autrichienne était tenue en suspens sur les digues.
Bonaparte repassa l’Adige à Ronco et se porta de l’autre côté du fleuve pourêtre en mesure de soutenir Vaubois s’il était trop fortement attaqué. Lelendemain, 16 , le combat recommence sur les digues. Ou se bat avec acharne-ment, et, comme ici, l’avantage du nombre est annulé, les Autrichiens sontpartout culbutés et perdent un grand nombre d’hommes. Bonaparte n’avait pasvoulu rendre cette journée décisive; il attendait des nouvelles de Vaubois; ilapprend qu’il tient encore à Corona et à Rivoli. Il se décide alors à frapper undernier coup. Il calcule que l’ennemi a dû perdre, dans ces deux journées, le