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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
Jamais l’Autriche n’avait fait de plus grands efforts : toute la garnison deVienne était acheminée vers le Tyrol; -1,000 volontaires, levés dans la capitale,avaient été enrégimentés sous le nom de volontaires de Vienne , et l’impéra-trice leur avait donné des drapeaux brodés de ses mains; enfin une foulede Croates et de Tyroliens avaient été enrôlés, et l’armée d’Alvinzi portéeà 60,000 hommes.
Bonaparte , qui s’attendait à cette dernière lutte, donnait aussi tous ses soinsà la réorganisation de son armée qui, par les renforts qu’il avait reçus, se trou-vait encore portée à 15,000 hommes, dont 10,000 formaient le blocus deMantoue et 30,000 étaient en observation; le reste occupait les garnisons deBergame, de Milan , etc. Vaubois avait été remplacé par Joubert. L’armées’était refaite pendant ces deux mois de repos; elle vivait dans l’abondance etdans la joie. «Tandis que la simplicité et l’indigence régnaient à l’armée duRhin, le luxe s’était introduit dans celle d’Italie : il y était aussi grand que lagloire. Les soldats, bien vêtus, bien nourris, bien accueillis par les belles Ita-liennes, y vivaient dans l’abondance et dans la joie. Les officiers généraux par-ticipaient à l’opulence générale et commençaient leur fortune. Quant auxfournisseurs, ils déployaient un faste scandaleux, et achetaient, avec le prix deleurs exactions, les plus belles actrices de l'Italie. Bonaparte , indigné desdésordres de l’administration, portait un regard sévère sur les moindres dé-tails, vérifiait lui-même les comptes des compagnies, faisait poursuivre lesadministrateurs infidèles, et les destituait impitoyablement. Il pardonnaitvolontiers à ses soldats et à ses généraux des jouissances qui n’étaient pas poureux les délices de Capoue; mais il avait une haine implacable pour tous ceuxqui s'enrichissaient aux dépens de l’armée, sans la servir de leurs exploits oude leurs soins (1). »
Quantàlui, épuisé par neuf mois de travaux, de veilles, de fatigues de guerre,de soins de toute espèce, dévoré par une gale intense dont il avait pris le germeà Toulon , il était tellement affaibli, qu’il pouvait à peine se tenir à cheval. Maisdeux mobiles puissants le soutenaient : l'ambition et la gloire; et, si son corpsétait épuisé, son esprit avait conservé toute sa lucidité, toute sa force.
Les hostilités recommencèrent vers les premiers jours de janvier de l’année1797. Bonaparte avait l'œil fixé vers le Tyrol et leFrioul, où Alvinzi for-mait son armée. Enfin, le 7 janvier, les Autrichiens se mirent en marcheet attaquèrent les avant-postes français à Bevilaqua. Le plan d’Alvinzi étaitd'agir dans le Haut-Adige avec 45,000 hommes, pendant que Provera, avec20,000 hommes, agirait dans l’Adige inférieur pour communiquer avec Man-toue , les insurgés de la Romagnc et l’armée que le pape avait encore unefois poussée vers la frontière de la Lombardie . Le 12 janvier, Alvinzi attaquaJoubert dans la position de Rivoli et le força malgré la résistance la pl us héroïque.Dans le même temps Provera attaquait Masséna à Caldiero et à Legnano et étaitrepoussé vigoureusement. Ces deux attaques avaient éclairé Bonaparte sur les
fl) Histoire de la Révolution.