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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 455

levés par les croisières anglaises. L’armée elle-même demandait en massequ’on la ramenât en France . Un jour elle tonna, dit-on, le projet d’enleverles drapeaux du Caire et de marcher sur Alexandrie pour s’yÆmbarquer; maisce projet ne fut pas mis à exécution.

L’époque du débarquement à Alexandrie de l’armée turque formée à Rho-des approchait. On était à la fin de juin. On la signala à la hauteur d’Alexan-drie. Le 11, elle vint mouiller dans la rade d’Aboukir . Elle était escortée parla division navale de l’Anglais Sidney Smith. Le débarquement eut lieu aussi-tôt dans la presqu’île d’Aboukir, qui s’avance entre la mer et le lac Madieli,et se termine par un fort. Les Turcs abordèrent hardiment la plage et enle-vèrent le village et le fort d’Aboukir , après en avoir égorgé la garnison. L’ar-mée ottomane était de 18,000 hommes environ. Elle était composée de l’élitedes troupes turques, c’est-à-dire de janissaires aguerris; son artillerie étaitnombreuse et elle était servie par des officiers anglais . Elle n’avait point decavalerie; mais elle comptait sur les 2,000 mamelucks qui restaient à Mourad-Bey,etquidevaientvenir la rejoindre à Aboukir . Les chefs ignoraient que Mou-rad, vaincu près des lacs Noutron avec les débris de son armée, était en fuiteavec quelques centaines de cavaliers, n’ayant plus pour fortune que ses armessouillées de sang et de poussière, et d’autre patrie que la selle de son cheval.

Bonaparte, en apprenant le débarquement de l’armée ottomane et la prised’Aboukir, partit du Caire sur-le-champ et arriva à Alexandrie après unemarche rapide. Il avait avec lui les divisions Lannes, Bon et Murat. Kléber,Reynier et Desaix devaient venir le rejoindre à Aboukir . Il s’établit aussitôt àBerket, point intermédiaire entre Alexandrie et la mer. Après avoir examinéla position des troupes ennemies, le général en chef se porta à l’entrée de lapresqu’île. Son plan était arrêté, et, bien qu’il n’eût encore sous la main que6,000 hommes environ, il fit attaquer sur-le-champ. Les Turcs, maîtres d’A-boukir , avaient pris position dans le fond de la presqu’île, où ils s’étaient cou-verts par deux lignes de retranchements. Bonaparte espérait les enfermer dansle village d’Aboukir et les y accabler sous une grêle de bombes et d’obus. Ilordonna l’attaque aussitôt. Il porta le général Destaing à l’extrémité gauche dela première ligne, Lannes à celle de droite; et Murat, qui était au centre, reçutl’ordre de faire filer sa cavalerie sur les derrières de la première ligne. Cesordres furent accomplis littéralement. Destaing aborda la position de gauche,espèce de mamelon de sable, pendant que Murat la faisait tourner par un esca-dron et s’en emparait. A droite, même manœuvre et même résultat. Les deuxcolonnes victorieuses portent ensuite leurs efforts vers le centre de la ligne for-tement retranché, et l’enlèvent après un sanglant combat. Les Turcs, forcésdans leurs retranchements, se jettent dans la mer plutôt que de se rendre. Prèsde 4,000 se noient ainsi. Le plan de Bonaparte était en partie rempli. Il avaitenlevé la première ligne ennemie et acculé les Turcs au village d’Aboukir ,où il pouvait les bombarder en attendant l’arrivée de ses autres divisions.Mais il résolut de profiter de ce premier succès et de terminer cette batailled’un seul coup. Seid Mustapha-Pacha, généralissime de l’armée turque, avait