HISTOIRE UE LARMEE
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Conegliano : là se rendirent le général Masséna, accompagné de l’adjudant-général Reille, de l’adjudant-général Andrieux, de M. Morin et du chef d’es-cadron Constant, commandant les gardes du général en chef; lord Keith,commandant les forces navales combinées; le général Ott , commandant leblocus de Gênes , et le général Saint-Julien, chargé de la partie politique;chacun d’eux suivi de deux ou trois personnes seulement.
Le général Masséna sut, par sa contenance, une gaieté soutenue, des formesfrançaises naturelles, et un esprit fécond et heureux en saillies, persuaderaux négociateurs ennemis que la position de l’armée française dans Gênes n’était pas aussi désespérée qu’ils le supposaient et quelle l’était réellement;aussi obtint-il tout ce qu’il demanda.
Dans cette conférence, le général en chef fit pour les Liguriens tout ce qu’ilput; il s’était fait accompagner pour défendre leurs intérêts de l'un de leurscompatriotes distingués, leur ex-ministre de l’intérieur, Corvetto.
Cependant une clause de la convention donna lieu à une discussion et man-qua de faire tout annuler.
Il s’agissait de faire partir 8,000 hommes des troupes françaises par terre(c’était le nombre exagéré de tout ce qui n’était pas dans les hôpitaux).
Le général Ott voulut soutenir le refus d’y adhérer, mais le général Mas-séna termina la discussion en rompant une conférence qui, cependant, étaitsa dernière ressource. Ses adieux aux généraux ennemis furent : « Vous ne levoulez pas, eh bien! messieurs, à demain! » Cette fermeté imposa, le généralen chef fut rappelé et l’article adopté.
Malgré tout ce que le traité avait d’honorable, il ne convenait point au gé-néral Masséna ; aussi la possibilité de recevoir encore pendant la journéequelques nouvelles qui changeassent sa situation le détermina-1-elle à nerien signer que vers la nuit et après avoir répété vingt fois aux Génois quiremplissaient ses appartements : a Malheureux, sauvez donc encore votre patrie!« Donnez-moi ou assurez-nroi quelques vivres pour quatre ou cinq jours seu-« lement, et je déchire le traité. »
Mais tout était épuisé, le courage des individus et les ressources publiques;ce traité était le seul moyen qui restât au monde pour ne pas perdre avecGênes , que rien ne pouvait plus sauver, les débris des corps qui l’avaient dé-fendue d’une manière si étonnante.
Enfin, à sept heures du soir, le général Masséna signa le traité, et Ton sedonna réciproquement des otages.
L’exécution suivit immédiatement; le 5, à la pointe du jour, tout le quar-tier général partit pour Antibes . La division Gazan se rendit le même jour àVoltri .
L’embarquement des troupes du général Miollis commença le 6 juin. Cetofficier-général et l’état-major de l’armée ne quittèrent Gênes que le 7 juin.
Cependant le général Mêlas avait expédié au général Ott , le 3 juin, l’ordrede lever le siège. Cet ordre s’était croisé avec le rapport de ce dernier qui an-nonçait au général autrichien la prochaine reddition de Gènes , pourvu qu’on