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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS,laissât à la garnison la liberté de sortir. La situation où se trouvait le comman-dant du corps du siège était d’autant plus critique, qu’il avait appris indirecte-ment la défaite sanglante du général Elsnitz et l'entrée des Français à Milan ,et, en outre, le général Mêlas venait de lui répondre par le prince Sulkosuskv,son aide-de-camp, qui arriva le 3 juin au quartier-général autrichien devantGènes .
Le général Ott dut s’estimer heureux que rien de ces nouvelles n’eût trans-piré à Gènes , car le général Masséna n’eût entendu aucune convention s’il avaiteu le soupçon de l’embarras oit se trouvait son adversaire. On a vu, au reste,qu’il ne céda qu’à l’impérieuse nécessité; dans l’état où se trouvaient l'arméeet la population, il n’y avait plus qu’à en finir sur-le-champ.
Gênes tomba ainsi au pouvoir de l’ennemi, mais ce ne fut que momentané-ment. Le premier consul, vainqueur à Marengo, accorda la suspension d’armesque demanda le général Mêlas, et qui fut suivie de la glorieuse conventiond’Alexandrie , par suite de laquelle les Impériaux se retirèrent jusqu’au Mincio,et rendirent à l’armée française Gênes et toutes les places du Piémont et duMilanais .
L’armée de Ligurie occupa la Lombardie , où elle établit ses cantonnementset attendit l’issue des préliminaires de paix qui avaient été arrêtés après lesConventions d’Alexandrie et de Castiglione.
Tandis que Masséna se couvrait d'une gloire immortelle par la défense deGênes, le général Moreau franchissait le Rhin et livrait les batailles victorieusesd’Engen et de Moeskirch. Bonaparte , de son côté, redoublait d’efforts et d’acti-vité pour créer l’armée dite de réserve, et préparait les éléments de succès decelte miraculeuse campagne qui devait d’un seul coup arracher l’Italie à ladomination autrichienne. Certes, si, comme le dit le général Foy, l’art de laguerre est philosophique dans ses développements, on peut dire que Bona-parte s’éleva ici jusqu’au plus haut degré de la philosophie des combats. IIavait fallu deux années de batailles sanglantes, de combats incessants, il avaitfallu deux générations de soldats usés sous les drapeaux de nos demi-brigadespour chasser les Autrichiens de la péninsule italienne. Une seule campagne,sublime dans les dispositions d’ensemble et dans les détails, admirable dansl’exécution littérale du plan arrêté, allait suffire pour produire les mêmes ré-sultats et rendre la paix à l’Europe . Jamais conception plus belle n’avait ho-noré le génie d’un homme de guerre, et l’antiquité n’avait rien offert de sem-blable à l'admiration de la postérité (1).
Armée de réserve. — Le plan général de Bonaparte, ainsi que nous l’avonsdit, embrassait à la fois l’Allemagne et l’Italie . Trois armées devaient con-courir à l'exécution de ce plan, celle de Ligurie en arrêtant l’armée de Mêlasentre Gênes et Nice; celle d’Allemagne, en franchissant le Rhin , en surpre-nant dans le Haut-Danube l’armée du général Kray, en lui coupant la route de
(1) Pour ne pas interrompre le récit des opérations de l’armée du Rhin qui ne se terminentqu’après Marengo, et pour continuer à suivre la marche que nous avons adoptée, nous allonsd’abord rendre compte des opérations de l’armée de réserve.