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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

avant la création (le la ré e cisalpine , avaient cessé d’y croire depuis

l’entrée de Souwarow dans leur capitale, et puis on avait fait courir le bruit(pie le jeune général était mort en Égypte , et que c’était l’un de ses frères quicommandait l'armée. L’enthousiasme fut au comble quand on le vit s’avancervers la ville à la tête de l’avant-garde.

Il y avait quinze jours à peine qu’on célébrait à Milan les succès du baronMêlas sur le Var , et c’est au moment où cette ville retentissait encore du nomdu vainqueur que Bonaparte tombait comme la foudre au milieu de la Lom-bardie . Les Italiens, si vifs, si changeants, même dans leurs sentiments, neles avaient jamais fait éclater avec plus de force, tant étaient grands leur éton-nement et leur admiration.

Bonaparte s’occupa d’abord de donner une organisation administrative à lacapitale de la haute Italie ; en même temps, il poussa ses colonnes dans toutesles directions pour s’emparer des communications des ennemis et leur fermertoute retraite.

Lannes, laissé sur les bords du Pô, n’avait pas été moins heureux du côté dePavie. Pour donner le change aux ennemis sur le mouvement du général Bo-naparte vers le Tésin, il avait fait une vive démonstration sur Foglizzo, dont ilavait forcé les Autrichiens à brûler le pont. Laissant ensuite un faible déta-chement vers ce point, il marcha sur Pavie , dont il s’empara le 1 er juin. Cetteville était, pour ainsi dire, la clef de toutes les positions de l'armée française.On y trouva des magasins immenses : il y avait près de 200 pièces de canon,8,000 fusils et des munitions de tout genre.

Rien ne s’opposait dès-lors à la marche du général Moncey, dont les pre-mières colonnes venaient de déboucher par Como et Varisi, et dont la pré-sence allait augmenter de 15,000 hommes l’armée de Bonaparte .

Le général Mêlas, trompé par l'attaque de Foglizzo, fut dans un étonnementextrême quand on l’informa de la marche des Français vers la Lombardie .Mais bientôt l’étonnement fit place à la terreur quand il apprit coup sur coupl’entrée des Français à Milan et à Pavie . Il put mesurer alors toute l’étenduedes dangers qui l’environnaient, et se décida à prendre les mesures qu’il auraitdû prescrire lors de l’arrivée de Bonaparte en Italie . Il ordonna à ses lieute-nants d’abandonner en toute bâte Gênes et le Var , et de se concentrer versAlexandrie. Mais il était écrit que Gênes succomberait après avoir éprouvétoutes les horreurs de la famine, et que. la malheureuse armée de Ligurie se-rait sacrifiée jusqu’au bout au succès de l’armée de réserve. Gênes venait decapituler.

Bonaparte cependant s’apprêtait à frapper un coup décisif sur les ennemis,et préparait son armée aux grands événements qui allaient avoir lieu. Per-suadé qu’un régiment enthousiasmé en vaut deux, il adressa à ses soldats unede ces belles proclamations dont l’effet moral était toujours immense.

« Soldats, leur dit-il, un de nos départements se trouvait au pouvoir de l’en-nemi; la consternation était dans tout le midi de la France . La plus grandepartie du territoire du peuple ligurien, le plus fidèle ami de la république,