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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
Pô. de Chivasco à la Sesia; la division Lapoype fut placée à Pavie ; celle deLorges, établie en Lombardie, fut chargée de bloquer le château de Milan etd’occuper Crema; Lannes et Victor eurent ordre de passer le Pô vis-à-vis Bel-giojoso, Murat de s’emparer de Plaisance, enfin Loison et Duhesme de se di-riger de concert vers Cremone.
«Le résultat de ces marches rapides et hardies, dit Jomini , surpassa touteattente. La renommée, grossissant les objets, remplit l'Italie de ces événe-ments qui tenaient du prodige aux yeux des habitants de la péninsule, et frap-pèrent l’armée autrichienne de stupeur. »
C’est au moment où s’accomplissaient sur les bords du Pô ces événementsmilitaires, que Masséna, réduit à la dernière extrémité, signait la capitulationde la ville de Gênes , et allait rejoindre le général Suchet, à son quartier-gé-néral, sur le Var . Mêlas, nous venons de le dire, se voyant surpris et entouré parBonaparte , avait donné ordre à ses deux lieutenants, Ott etElsnitz, de se rap-procher au plus vite d’Alexandrie, abandonnant l’un le pont du Var , l’autre lesiège de Gênes. Ott , avant d’accomplir son mouvement, était parvenu à s’em-parer de la ville ligurienne; mais Elsnitz avait échoué dans une dernière at-taque de vive force contre la position retranchée de Suchet. Cet habile et infa-tigable général avait résisté avec 12,000 hommes seulement à toutes les forcesde Mêlas et de ses lieutenants, et avait fait de la position du Var de véritablesThermopvles pour le midi de la France. Instruit par le télégraphe des prépara-tifs de départ de l’armée autrichienne, il comprit avec sagacité la cause decette retraite, et manœuvra par sa gauche vers le col de Tende pour menacerla retraite de Elsnitz, le forcer à évacuer la Rivière de Gênes, et se lier plussûrement avec Bonaparte , si son armée débouchait en Piémont. Cinq jours du-rant il poursuivit les Autrichiens, et leur fit éprouver des échecs continuels.On évalue à 40,000 hommes la perte des ennemis sur le Var . C’est pendantcette poursuite des ennemis que Sucliet rencontra à Savone son général enchef Masséna, qui, à la tête de ses 8,000 affamés, ainsi qu’il appelait les glorieuxdébris de son armée, venait le rejoindre sur le Var . Cette réunion porta à20,000 hommes l’armée de Ligurie , qui, placée sur les derrières des Autri-chiens, pouvait avoir une action décisive sur les opérations ultérieures de lacampagne. Mais Masséna ne voulut point descendre dans les plaines du Mont-ferrat sans canons et sans cavalerie à la suite de Mêlas; il se borna à porter versAcqui le corps du général Suchet, et inquiéter l’armée autrichienne par sa pré-sence sur le sommet de l’Apennin , où, comme une avalanche, il menaçait àchaque instant de l’écraser par sa chute.
On a dit que Masséna, aigri par les souffrances qu’il avait endurées à Gênes ,et secrètement irrité contre Bonaparte , qui n’avait rien fait pour le secourirtandis qu’il triomphait dans la Lombardie , avait refusé d’agir offensivement etmanqué ainsi l’occasion de jouer un grand rôle dans la scène où allait se dé-cider le sort de l'Italie . Une explication très vive eut lieu à ce sujet entre Mas-séna et Suchet. Ce reproche ne manque pas de fondement. Il est certain quesi le défenseur de Gênes eût porté sur Novi, sur la route d’Alexandrie à Gênes ,