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HISTOIRE DE L’ARMÉEDelmas commandait l’avant-garde; Dupont l’aile droite; Suchet le centre; Mon-cey la gauche; Michaud la réserve.
L’armée impériale s’élevait à 80,000.hommes, y compris le corps du Tyrol.La ligne qu’elle occupait sur le Mincio, hérissée de redoutes et de retranche-ments, était protégée par trois places fortes, Mantoue , Pischeira et Borghetto,et 100 pièces de canon, sa gauche appuyant à Mantoue et au Pô , sa droite aulac de Garda, couvert lui-même par une flottille de 27 bâtiments. L’armée autri-chienne était donc comparativement plus forte et plus en mesure de prendrel’offensive. Mais le comte Bellegarde qui la commandait attendait que les Na-politains eussent fait un mouvement en Toscane , mouvement qui devait forcerBrune à porter de forts détachements sur sa droite et faciliter une attaque surla Chiesa. Brune, de son côté, attendait pour agir que Macdonald eût passé leSplugen et pût le seconder; de sorte que lorsque la dénonciation de la fin del’armistice eut lieu, aucun des deux généraux n’était disposé à reprendre leshostilités.
La nouvelle du passage du Splugen et de l’arrivée de Macdonald parvint auquartier-général des Français le iO décembre. Brune se disposa aussitôt, selonles instructions qu’il avait reçues, à attaquer la ligne du Mincio.
Brune, que la victoire de Kastricum avait désigné au premier consul commesuccesseur de Masséna en Italie , était,'ainsi que nous l’avons déjà dit, un hommed’un caractère élevé et remarquable; sa profonde érudition, la sincérité de sesopinions démocratiques et son grand courage l’avaient rendu cher à l’armée.Mais Brune, excellent chef à la tète d’une armée peu nombreuse, n’était pastaillé pour un commandement aussi important que celui auquel il venait d’êtreappelé. La campagne qui allait s’ouvrir fut la pierre de touche de son talentmilitaire. Ses opérations furent toutes fausses, lentes et incertaines; elles ontdonné lieu à de justes critiques.
La ligne du Mincio qu’il s’agissait de franchir est longue de sept lieues àpeine; mais le fleuve est partout très-profond et la rive gauche était fortementgardée. Le passage offrait donc des difficultés très-sérieuses. Brune résolut dele tenter sur deux points, Mozambano et Pozzolo, afin de diviser l’atten-tion de l’ennemi. Ce plan hardi était conforme aux instructions du premierconsul et au projet de se lier avec Macdonald. Mais une seule de ces attaquesdevait être sérieuse, l’autre ne devait être qu’une simple diversion. Deux at-taques sérieuses étaient une faute; car les Autrichiens, fortement établis sur lesdeux points, avaient la faculté de déboucher par la tète de pont de Borghetto,au centre même desdeux opérations, et troubler l’une ou l’autre. Heureusementque le général Brune avait dans son armée des divisionnaires capables de cor-riger sur le champ de bataille le vice de ses dispositions et de les faire tournerà la gloire des armes françaises. Dupont et Suchet, dans cette circonstance, luirendirent les plus grands services que des lieutenants puissent rendre, à laguerre, à un général en chef.
Quoi qu’il en soit, les Français se disposèrent à forcer la ligne autrichiennesur deux points. Le 25 décembre, tout était prêt pour le passage. Dupont, avec